30.10.07

Bernard Kouchner...

Le 30 octobre, lors d'une conférence de presse, le Ministre des Affaires Etrangères (i.e. Bernard Kouchner) a défendu la présence de Total en Birmanie. Peu original puisqu'il l'avait déjà fait en 2003 moyennant quelques paquets d'oseille...

Mais ce qui est nouveau, c'est l'argumentation:

"Imaginez que nous fermions le robinet de Total [en Birmanie], qui souffrira ? La population de Birmanie et la population de Thaïlande. Qui remplacera les Français? D'autres"

Ainsi le Ministre sarkozyste avance d'abord l'idée qu'il défend la présence de Total pour éviter des souffrances supplémentaires à la population Birmane (population que Total exploite, mais Kouchner avait été rémunéré pour affirmer le contraire).

Le Ministre avance ensuite un argument fort différend: s'il défend la présence de Total, c'est pour éviter que la place ne soit prise par "d'autres". Capital contre Capital. Version tellement plus franche...

NB: "D'autres" (Chevron et Petroleum Authority of Thailand Exploration & Production) sont déjà présents en Birmanie. Mais jusqu'ici Total tient le haut du pavé...

19.10.07

Trop d'émotion

- Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a critiqué "l'inquiétude purement politicienne, corporatiste, idéologique" des enseignants qui refusent de lire aux lycéens la lettre de Guy Môquet. "Je ne sais pas quelle est l'éthique de ces professeurs-là, pour qu'ils prennent en otage un moment d'émotion collective".

Cette éthique là est celle qui autorise la critique. Celle qui ne s'interdit pas "l'inquiétude". Même, et surtout, lorsqu'il s'agit d'un "moment d'émotion collective". Pour Guaino, "toute personne lisant cette lettre ne peut pas ne pas être émue"... Et alors?! L'émotion conduit-elle toujours vers le vrai et, puisque c'est d'éthique dont on nous parle, vers le juste et le bien? N'est-il pas légitime de s'inquiéter des usages de ce qui suscite l'émotion de façon automatique? J'espère donc qu'il y a beaucoup de "preneur d'otages" parmi les enseignants.
Par ailleurs, je ne sais pas quelle est "l'éthique" de Guaino pour écrire des discours paternalistes et racistes*...

- Le "grand moment d'émotion collective" auquel on aurait échappé si les règles avaient été respectées, c'est la victoire du XV de France sur les All Blacks. Le directeur des arbitres au sein de l'International Rugby Board a en effet reconnu jeudi 18 octobre que le match avait été entaché de, non pas une, ni même deux, mais trois erreurs d'arbitrage défavorables à l'équipe de Nouvelle-Zélande! Les Bleus s'étaient imposés 20-18 lors de ce quart de finale, notamment grâce à un essai marqué sur un "en-avant"...

- L'entraîneur de l'équipe de France de rugby et futur secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, et ses sociétés sont visés par une enquête fiscale écrit L'Equipe: "Au terme de près d'un an d'enquête et d'une quinzaine de perquisitions, la direction nationale d'enquêtes fiscales (DNEF) a mis au jour une série d'irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice" (lequipe.fr). Interrogé, Bernard Laporte déclare : "Vous croyez que moi, je vais aller dans une société faire des malversations ? ".
Non, on ne croit rien. Mais on sait par ailleurs que Laporte Bernard a encaissé de confortables plus-value en revendant ses parts dans des casinos du bassin d'Arcachon. Ces casinos avaient obtenu les autorisations pour installer des machines à sous. Pas les concurrents. Autorisations délivrées par le Ministère de l'Intérieur. A l'époque... Sarkozy.
On sait aussi que François Deluga a porté plainte au pénal, et devant la commission des comptes, au sujet des comptes de campagne de l'UMP. Des histoires de permis de construire d'une société immobilière dont le gérant s'appelle Laporte Bernard...
On sait aussi que tout cela doit être écrit. En détail. Sans émotion. Et l'on sait que Le Canard Enchainé sort tous les mercredi.

* Guaino a écrit l'allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, prononcée à l'Université de Dakar (Sénégal), le 26 juillet 2007 :
"... Je ne suis pas venu vous faire la morale.
Mais je suis venu vous dire que la part d'Europe qui est en vous est le fruit d'un grand péché d'orgueil de l'Occident mais que cette part d'Europe en vous n'est pas indigne.
Car elle est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Car elle est l'appel à la raison et à la conscience universelles.
Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance.
Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.
Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.
Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé.
Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance...
"

11.10.07

Certains ont plus de "fluide" que d'autres...


NOM: Denis Gautier-Sauvagnac

FONCTION: Président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM)

PROBLEME ACTUEL: des policiers "s'intéressent pour l'heure à la trentaine de comptes détenus par la fédération patronale dans plusieurs établissements bancaires. L'UIMM détenait ainsi trois comptes à la BNP. Sur le premier, Denis Gautier-Sauvagnac a fait retirer en liquide 5,64 millions d'euros de 2000 à avril 2007. [...] Sur un deuxième compte, les enquêteurs ont découvert, entre 2000 et juillet 2007, des retraits en liquide à hauteur de 4,3 millions d'euros, ce qui fait un total de fonds mis à jour de près de 10 millions d'euros. Les opérations financières sur le troisième compte BNP, et sur d'autres, comme ceux détenus par l'UIMM à la banque Martin-Morel, n'ont pas encore été expertisées." (Le Monde, 11-10-07).

DEFENSE ACTUELLE: "M. Gautier-Sauvagnac, qui continue dans un climat difficile à mener les négociations sur la modernisation du marché du travail, a été brièvement entendu par les enquêteurs, expliquant que l'argent retiré servait à "réguler les relations sociales". Devant des proches, il avait aussi assuré que ces retraits étaient destinés "à fluidifier les relations sociales"."

REMARQUE: Va-t-il continuer sur sa lancée? Je demande ça parce que "fluidifier les relations sociales", c'est-à-dire arroser les directions des syndicats de salariés, cela aide beaucoup lorsque l'on mène "des négociations sur la modernisation du marché du travail", surtout lorsqu'elles ont lieu "dans un climat difficile"...

5.10.07

Droits de l'homme mon cul

"En faisant droit aux arguments des défenseurs des droits de l'homme et en respectant des principes inscrits à l'unanimité dans les lois bioéthiques, les sénateurs de droite ont évité à Nicolas Sarkozy, pour cette fois, de payer le prix des voix qu'il a enlevées à Jean-Marie Le Pen. Le président de la République peut leur dire merci. Les immigrés aussi."
C'est la conclusion délirante d'une tribune d'un journaliste du Monde, Patrick Jarreau, publiée ce vendredi 5 octobre.

Cette loi sur l'immigration (la 4ème en 5 ans...) ferait "droit aux arguments des défenseurs des droits de l'homme". Et les immigrés devraient REMERCIER les "Sénateurs de droite" d'avoir voté une version édulcorée de la loi défendue par le Ministre de la Rafle et du Drapeau, le bon Brice Hortefeux.
Edulcorée... par rapport à la première version. Rappelons qu'en dépit des modifications concernant les tests ADN, cette loi demeure abjecte. Elle lève, par exemple, l'interdiction du recueil de "données ethniques" pour des études sur la mesure de la diversité et des discriminations. Elle interdit, par exemple, l'accès à des structures d'hébergement d'urgence aux personnes ne pouvant " justifier de la régularité de (leur) séjour sur le territoire". Voilà, entre autres, ce qui se trame au Palais Bourbon, dans l'enceinte du Luxembourg.

Le même jour, à une station et demi de là (ligne B): "un homme d'une quarantaine d'années disant être désespéré de ne pouvoir obtenir la régularisation de son séjour en France a tenté de s'immoler par le feu vendredi matin devant le palais de justice de Paris". Après s'être "aspergé vers 09h30 de cinq litres de white spirit, un solvant inflammable, et menacé à grands cris de s'enflammer en brandissant un briquet". "Un détachement de gardes s'est rendu sur place avec les pompiers et a discuté avec lui. Un capitaine en civil a réussi à le maitriser. Il a été pris en charge par les pompiers et conduit à l'hôpital de l'Hôtel Dieu". "L'homme déclare être égyptien et assure qu'il réside en France depuis 22 ans avec femme et enfants sans pouvoir obtenir de titre de séjour régulier". (Reuters).
- Le journaliste du Monde: Allez Bamboula, pose ton briquet et dis merci aux Sénateurs de droite!
- (silence)

15.9.07

Des chiffres et des hommes

Lettre ouverte aux policiers syndicalistes

La chasse aux sans-papiers conduit à des situations humainement insupportables que leur conscience ne peut ignorer.
Par Brigitte Wieser et Richard Moyon, Membres du Réseau Education sans frontières.
(Libération, vendredi 14 septembre 2007)

Les consignes données aux services de police de faire du chiffre à tout prix en matière de chasse aux étrangers en situation irrégulière conduisent de plus en plus fréquemment à des situations humainement insupportables. Opérations massives et répétées dans les quartiers populaires et aux sorties de métro, contrôles d’identité au faciès (pudiquement couverts du terme d’extranéité), interpellation d’hommes et de femmes qui ne sont en rien des délinquants mais dont le tort est d’avoir cru trouver un avenir pour eux et surtout pour leurs enfants.

L’humiliation des menottes, de la fouille au corps, de la cellule crasseuse ; le coup de fil à la famille pour dire que papa ou maman ne rentrera pas ce soir… ni les suivants ; la prostration ou la rage, les tentatives de suicide, les automutilations ; les scènes de désespoir dans les avions, les coups, les passagers écœurés. Et maintenant les familles arrêtées à domicile, au petit matin, papa maman menottés devant les enfants, ou les grévistes de la faim arrêtés aux ­urgences des hôpitaux.

La question de l’immigration ne sera pas résolue de cette façon. Quand on a affaire à des milliers d’individus prêts à se jeter à mains nues sur les barbelés de Ceuta et de Melilla ou à s’embarquer sur des rafiots dont ils savent que presque la moitié n’iront pas au bout du voyage, la police française ne les arrêtera pas, et heureusement, parce qu’il y faudrait les moyens de la dictature ! Les chiffres annuels exigés des préfectures (125 000 mises en cause, 25 000 expulsions réparties en quotas départementaux, par exemple 45 pour l’Aisne, 60 pour la Marne, 111 pour les Ardennes, 75 pour la Somme, 3 680 pour Paris…) sont monstrueux dans leur formulation même. Ce délire planificateur n’est utile qu’à la gloire du ministre. Cela ­vaut-il de briser des vies par dizaines de milliers, de faire faire un sale boulot aux fonctionnaires, de leur faire expulser des gamins qui sont peut-être dans la classe de leurs propres enfants et de les faire passer pour des brutes en France et à l’étranger ?

Que peuvent penser les policiers quand, comme cela se produit régulièrement à Paris, des habitants (et pas des voyous !) se rassemblent pour prévenir les étrangers, saboter les rafles et parfois les contraindre à partir sous les huées ? Quand, comme à Amiens, un enfant de 12 ans prend le risque de se tuer en tombant du quatrième étage plutôt que d’avoir affaire à la police française ? Quand des enfants, ceux des sans-papiers mais aussi leurs copains de classe, ont la peur au ventre lorsqu’ils croisent un uniforme ? Quand leur action conduit une jeune femme de 22 ans à être incarcérée pendant que son mari se cache et que son enfant de 2 ans est confié à l’aide sociale à l’en­fance ? Quand on leur demande de procéder à des expulsions en moins de quarante-huit heures pour échapper au contrôle du juge des libertés et de la détention ? Quand, comme cela s’est produit en Guinée, des voyageurs croient se venger en molestant des policiers de la PAF ?

Nous ne pouvons pas croire que cela ne pose pas de vrais problèmes de conscience à un grand nombre de policiers. Nous le savons, en réalité, à le lire dans les yeux des gendarmes qui, dans les en­ceintes des tribunaux administratifs, voient des enfants arrachés aux bras de leur père maintenu en rétention, par le récit de sans-papiers qu’un policier humain a laissé filer, par ce que nous disent discrètement des policiers bien plus nombreux qu’on ne croit, parfois très gradés.

Les policiers ont, comme tout le monde, le droit (le devoir !) de s’interroger sur les missions qu’on leur confie. La traque des étrangers, les contrôles au faciès, la chasse aux enfants, aux nourrissons et aux amoureux, le démantèlement des familles : tout ce qu’on leur impose pour la gloriole d’un communiqué satisfait n’est pas acceptable. Il ne s’agit pas de rendre les policiers responsables de décisions politiques prises par d’autres. Mais que leurs syndicats fassent entendre leur voix pour dire que la coupe est pleine. Qu’on ne fera pas faire n’importe quoi aux fonctionnaires, et qu’au-dessus de lois de circonstances et de la démagogie existent des valeurs au service desquelles ils devraient être.

6.9.07

Psychanalyse sociale-libérale

La phrase du jour, on la doit à Pierre Moscovici

In-
dé-
nia-
ble-
ment.



Au moment où l'ancien ministre "socialiste" Hubert Védrine remet à Nicolas Sarkozy un rapport soulignant l'urgence de rompre avec une "méfiance stérile" vis-à-vis de la mondialisation, Pierre Moscovici - député et secrétaire national du PS aux relations internationales - lâche:
"Nous nous sommes laissés dominer par notre sur-moi gauchiste".

Relisez bien cette phrase, admirez le vocabulaire employé, savourez le style...
Le style seulement, parce que sur le fond, Moscovici s'est déjà fait doubler. Par Ségolène Royal qui estimait en juin dernier avoir perdu la Présidentielle parce qu'une proposition du programme du PS n'était "pas crédible".
Quelle proposition? Tout le pouvoir aux soviets? Non, il s'agissait seulement de porter (en cinq ans) le SMIC à 1500 euros... brut. Au rythme actuel de l'inflation, le SMIC sera automatiquement porté à ce niveau en 2012. La proposition incriminée visait donc à maintenir le pouvoir d'achat des 18% de salariés percevant le SMIC... et réserver par conséquent 100% des gains de productivité de ces salariés pour les profit ou l'investissement. Bref, une vraie proposition de droite jugée gauchiste par la candidate "socialiste"...

A propos du "sur-moi gauchiste"...
Pierre Moscovici est le fils d'une psychanalyste et d'un célèbre psychologue social.
En 1984, Moscovici quittait la LCR.
En février 1994, il publiait un bouquin intitulé A la recherche de la gauche perdue.
Le député "socialiste" cherche encore...

Délinquants en cols blancs

On apprend aujourd'hui par l'AFP qu'à l'occasion d'une exposition sur le bicentenaire du code de commerce au tribunal de commerce de Paris, "le chef de l'Etat a soulevé les applaudissements d'un parterre de chefs d'entreprises conduit par Laurence Parisot, présidente du Medef, en répondant favorablement à plusieurs de leurs demandes-clefs." L'explication de cette explosion de joie tient en 3 points.

1/ D'abord il a annoncé un projet de loi pour étendre la procédure de "sauvegarde" des entreprises, créée en 2005, et qui permet aux sociétés en difficulté de suspendre leurs paiements à leurs fournisseurs et leurs créanciers. Bref, les "capitaines d'industrie" et autres chevaliers capitalistes veulent prendre le moins de risque possible...

2/ Ensuite, le chef de l'Etat a répété qu'il allait limiter les poursuites pénales contre les sociétés et a précisé que Rachida Dati avait créé un groupe de travail à ce sujet.
"Ma présence en ce tribunal est l'occasion de répéter que la pénalisation à outrance de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme", a-t-il dit, répétant les mots d'un discours controversé au Medef vendredi dernier.
Cette annonce a suscité une levée de boucliers des syndicats de magistrats, qui craignent un enterrement des "affaires". L'ancienne juge d'instruction Eva Joly s'est exprimée mardi pour rappeler que la délinquance financière portait préjudice à la vie économique du pays, par les fonds détournés. "C'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a-t-elle dit.

La position de Sarkozy est simple: "Comment comprendre que dans les cas qui ne mettent en cause que des intérêts privés et pécuniaires, il puisse encore être fait recours au droit pénal ?", a-t-il dit. Parce que la corruption et les abus de biens sociaux ça ne nuit pas à l'intérêt public peut-être?!

3/ "Enfin, Nicolas Sarkozy a implicitement écarté toute réforme des tribunaux de commerce, institution très critiquée. Composée de commerçants et d'industriels élus par leurs pairs pour régler les faillites et cessions, elle est souvent accusée de traiter les dossiers en fonction d'intérêts privés.
Une réforme introduisant des magistrats professionnels dans ces juridictions avait été envisagée sous la gauche en 1998, puis abandonnée après de vives protestations du corps."

Le plus affligeant c'est l'argumentation du Président: "Vous êtes des chefs d'entreprises et des cadres dirigeants, pragmatiques et efficaces, je me sens donc en confiance avec vous. (...) Les comportements d'une infime minorité ont été présentés comme la règle. Vous avez su vous réformer et placer l'éthique au coeur de votre fonction".

23.8.07

faux Candides

Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Fillon, s'est donc rendu à Bagdad. Ce qui a permis à Noël Mamère de le tourner en ridicule (caniche de Bush etc.). Sympathique intervention mais... il vaut mieux lire le Times (ou tout autre journal un peu renseigné) que d'écouter le député des Verts . On comprend tout de suite mieux.

Total et Chevron ont signé l'an dernier (pourquoi ne l'apprend-on que maintenant?) un accord pour exploiter ensemble le champ pétrolier de Majnoon. Il s'agit de la 4ème réserve de pétrole en Irak. Elle est située près de la frontière iranienne.Total, Chevron et les responsables irakiens se sont ensuite rencontrés en juin pour discuter de la mise en oeuvre de cet accord, même si le gouvernement irakien n'est pas encore impliqué. "Il n'y a pas d'accord de partage de production" sur Majnoun car la législation sur les hydrocarbures n'a pas encore été ratifiée, note-t-on en assurant toutefois que "le contrat de services offre une large avance" à Total et Chevron. Et... vous savez quoi? Le Parlement irakien doit examiner la loi sur les hydrocarbures début septembre.

A l'issue de sa visite de trois jours à Bagdad, on a eu droit à une brillante déclaration de Kouchner: "J'ai senti qu'il y avait un manque de confiance entre les différents groupes et dirigeants" (mardi 21 aout).

Kouchner parle, rappelons-le, d'un pays occupé militairement depuis 4 ans et demi.

Il parle d'un pays où les attentats meurtiers sont quotidiens.

Il parle d'un pays où plusieurs factions s'affrontent au sein même de l'appareil d'Etat.

Et dans ce pays, il y a, ô surprise, un "manque de confiance". Si ce n'est pas de la perspicacité...

Pendant ce temps, à Washington, George W. Bush tente de convaincre de la nécessité de poursuivre l'occupation: "Le peuple américain ne sera jamais en sécurité tant que le peuple du Proche-Orient ne connaîtra pas la liberté que notre Créateur destinait à tous" (22 aout). Quand la sécurité des Etats-Unis coïncide avec les plans divins, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...

21.8.07

Allègrement droitier

Deux bonnes nouvelles viennent illuminer cette pluvieuse semaine:
1/ Claude Allègre s'apprête à quitter le PS. Il se dit "bluffé" par Nicolas Sarkozy! Savourons l'expression...
2/ L'ami Fontenelle est enfin de retour, et il est en forme: http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/

2.8.07

Cécilia? Non: Thalès, Sagem, BP, EDF et Areva

Les infirmières bulgares? "Un grain de poussière dans l'œil d'un énorme ouragan où se croisent des intérêts gigantesques. Je savais que de grands contrats d'armes et de concessions [d'exploration de pétrole] seraient conclus". C'est ce qu'affirme le chef du renseignement bulgare, le général Kirtcho Kirov, au quotidien 24-Tchassa (24-Heures). Les derniers évènements lui donnent raison:

- Fin mai, le groupe pétrolier britannique BP profite de la visite de Tony Blair en Libye pour signer un contrat de prospection gazière de 900 millions de dollars.

- Le 28 juin, Abdel Basset Ali Al-Megrahi, citoyen libyen emprisonné depuis 2001 à Glasgow pour sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 1988 (270 morts), a été autorisé par une commission judiciaire écossaise à faire appel, pour la deuxième fois, de sa condamnation à la prison à vie.

- Le 24 juillet, les infirmières sont libérées

- Le 25 juillet, la France promet d'étudier la livraison d'un réacteur nucléaire à la Lybie. Officiellement, il s'agit de "désaliniser l'eau" (... ce qui fait rire les spécialistes puisque cette opération ne nécessite pas de technologie nucléaire). L'accord implique EDF et surtout Areva, qui s'intéresse à des gisements d'uranium situés dans le Sud libyen et aux stocks dont dispose déjà Tripoli (1600 tonnes).

- Le 1er aout, Saïf Al-Islam Kadhafi révèle les détails de l'affaire, dans un entretien accordé au Monde: Le fils du colonel Kadhafi affirme d'abord qu'il a bon espoir qu'Ali Al-Megrahi sera renvoyé prochainement en Libye. "Nous allons bientôt avoir un accord d'extradition avec le Royaume-Uni", dit-il "Nos gens, ajoute-t-il, en parlant d'officiels libyens, étaient à Londres il y a un mois environ", pour en discuter. "Oui", répond-il lorsqu'on l'interroge sur les rapports existant entre l'affaire Al-Megrahi et celle des infirmières. Mais il décrit aussi un contrat d'armement avec la France:
"D'abord, l'accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d'euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d'armes, pour l'entretien et la production d'équipements militaires. Vous savez que c'est le premier accord de fournitures d'armes par un pays occidental à la Libye [...] des représentants de Thalès et de Sagem sont en Libye en ce moment même ?"
Il affirme aussi qu'"aucun argent libyen" n'a été versé aux familles d'enfants libyens malades du sida. D'où viennent donc les plus de 400 millions de dollars? "Ce que je peux dire, c'est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l'argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l'ont trouvé".


- Le 1er aout, un porte-parole du ministère des affaires étrangères britannique a nié tout lien entre une décision de la justice britannique sur Abdel Basset Ali Al-Megrahi, ancien agent libyen impliqué dans l'attentat de Lockerbie, et la libération des infirmières bulgares.

- Le 1er aout, le Président Sarkozy affirme qu'il n'y a eu "aucune" contrepartie à la libération des infirmières bulgares.

Post-Scriptum: non seulement le fils Kadhafi n'a pas menti, mais il a même sous-évalué les sommes en jeu. On apprend en effet par le gouvernement libyen (2 aout) puis (3 aout) par Hervé Morin, ex-UDF devenu Ministre de la Défense grâce à son ralliement à Sarkozy, l'existence de deux contrats "en voie de finalisation", portant sur l'achat de missiles antichar Milan et d'un sytème de communication radio, pour un montant total de... 296 millions d'euros.

1.8.07

4 et 4 font 8

Le chef de l'état-major interarmes de l'US Army, l'amiral Michael Mullen, a assuré mardi devant la commission des forces armées du Sénat, que la présence militaire des Etats-Unis en Irak se prolongerait non pas de quelques mois, mais "de trois à quatre ans". Soit 8 ans d'occupation depuis l'invasion impérialiste survenue en mars 2003.

6.7.07

Elan de sincérité


1 500 soldats australiens participent actuellement à l'occupation de l'Irak.
Le 5 juillet, le ministre de la défense australien, Brendan Nelson, a affirmé: "Evidemment, le Moyen-Orient, pas seulement l'Irak mais la région entière, est un important fournisseur d'énergie, de pétrole en particulier, pour le reste du monde. Et les Australiens, et nous tous, devons bien considérer ce qui arriverait en cas de retrait prématuré des troupes en Irak."

Visiblement gêné par ce grand élan de sincérité, le premier ministre, John Howard, a tenté de récupérer le coup: "Nous n'y sommes pas à cause du pétrole, et nous n'y sommes pas allés à cause du pétrole. Nous n'y restons pas à cause du pétrole. La raison pour laquelle nous restons, c'est parce que nous voulons donner au peuple d'Irak la possibilité d'installer la démocratie."
Selon Le Monde: "Les médias australiens observent par ailleurs que le premier ministre a lui-même reconnu l'intérêt énergétique du pays lors de son discours, jeudi. Sans mentionner directement le pétrole, il a ainsi expliqué que la "demande énergétique" était l'une des raisons pour lesquelles la réussite de la coalition en Irak était importante." (07/07/07)

29.6.07

Oscar Peterson (1)

Pour l'été, je m'écarte un peu du thème de ce blog. Il n'y a pas que la politique dans la vie.

Il y a aussi la musique.

J'écoute Oscar Peterson depuis quelques temps, et l'on vient de m'offrir de nouveaux disques de lui. Il faut dire que ce pianiste, né en 1925, a sorti plus de 400 disques...

Voici quelques réflexions sur sa musique, à partir d'un article de Jacques Réda intitulé "Oscar Peterson, le dernier pianiste" (il figure dans son livre: L'improviste, une lecture du jazz, Gallimard Folio, pp. 346-58).

Jacques Réda note d'abord que cette musique que le public apprécie beaucoup, les critiques ne l'ont pas réellement comprise. Tous reconnaissent ses nombreuses qualités: sensibilité, technique, imagination, swing... Mais pour certains, "la présence phénomènale de Peterson s'interprète comme excédentaire". Il en fait trop, n'a rien à dire. Pour d'autres, Peterson n'est qu'un "pur et simple phénomène". "Non interprétative, la critique la plus louangeuse n'explique pas pourquoi, à l'inverse des phénomènes qui l'ont précédé et rendu possible, celui-là reste sans postérité".

C'est ce que Jacques Réda se propose d'expliquer, lui qui considère qu'arrivant "au bout de la chaîne", "Peterson ressentit à la fin du jazz comme une prodigieuse redondance".

"Il réempoigne vers 1950 toute l'histoire du jazz au piano, et - l'augmentant de toute sa force et de toute sa vitesse personnelles - il la rebrasse et la redouble d'autant plus hardiment que c'est une prouesse superflue: tout est dit et Oscar Peterson ne sert à rien, sinon à Peterson où aboutit la longue série d'engendrements, de réactions, d'emprunts, de ruptures qui le constituent, et l'obligent à se porter lui-même à bout de bras. Il est le luxe dont l'histoire du jazz en bout de course se couronne. Mais l'inquiétude n'est pas absente de ce dernier couronnement, et c'est dans l'intense activité presque fiévreuse, dans la surabondance qu'elle se trahit. Comme si d'abord, et la fin proche, Peterson se hâtait de faire ruisseler toutes les notes qui, parce que l'histoire est allée trop vite, n'ont pu être jouées avant lui ; comme si encore l'espace équivoque de la fin pouvait être malgré tout comblé par quelque utltime et titanesque effort dressant contre elle un torrent mélodique infranchissable"

Oui. Et c'est justement ce qui est superbe dans l'oeuvre de Peterson. Certes, une musique qui "ne sert à rien" car elle ne dit rien de nouveau. Celle de Parker était "à proprement parler inouïe" (lire l'article "La coupure de Charlie Parker" dans le même recueil). Celle de Peterson "rebrasse", "redouble". Elle ne sert à rien... si ce n'est de jouer des notes qui n'avaient pu l'être car "l'histoire est allée trop vite". Et ce n'est pas rien, pas tout à fait. Car cette urgence a une influence directe sur le style de Peterson. Il faut se hâter de "faire ruisseler toutes les notes" et de dresser "un torrent mélodique". C'est ce style, ce jeu que Jacques Réda décrit dans la suite du texte, dont voici un extrait:

"Powell semble toujours vouloir pulvériser un obstacle ; Peterson se propose plus modestement d'arroser, avec toutefois une ardeur et une profusion quasi lyriques. Aussi pouvons-nous prendre un plaisir égal au sien, quand la vanne s'ouvre à fond d'un seul coup et que le tuyau exécute une gigue fantastique dans l'herbe et au-dessus des massifs, avant que sa pluie heureuse et drue ou caresssante ne nous asperge [...]

Lorsqu'il expulse sur une seule ligne ces fourmillements de goutelettes dont chacune semble calibrée au centième de millimètre, mais garde son éclat et sa densité individuels pour tracer, avec toutes celles qui précipitamment la précèdent ou sans se bousculer la poursuivent, de longues liquides lanières associant le caprice, l'imprévu, la logique, et finissant parfois par se confondre en un viole impalpable de mousseline d'eau. A compter des premières années 50, l'histoire fluviale de Peterson n'est autre que celle d'une croissante maîtrise de ce système..."

(ci-dessus, à droite: Peterson peint par Raymond Moretti)

22.6.07

Ministre de la rafle et du drapeau

"Fidèle" est probablement l'adjectif le plus employé par les médias pour décrire Brice Hortefeux.

Né en 1958 à Neuilly-sur-Seine, d'un père banquier et d'une mère enseignante, Brice Hortefeux a suivi les mêmes études que Sarkozy: droit (Maîtrise en 1984) puis Sciences-Po. Les deux hommes se sont connus en 1976, lors de la création du RPR. Ils sont proches: Brice était le témoin du premier mariage de Nicolas, c'est aussi le parrain de son fils. Fonctions:
  • En 1986, il quitte Sc. Po. sans diplôme car il a réussi le concours d'administrateur territorial. Il le reste jusque 1993. Il est, depuis 1992, élu au Conseil régional d'Auvergne.

  • Chef du cabinet de Nicolas Sarkozy entre 1993 et 1995, quand celui-ci est Ministre du budget.

  • Hortefeux est nommé Préfet en 1995. Il est chargé de mission au cabinet du président du Sénat de 1998 à 1999.

  • Au RPR, Hortefeux est d'abord secrétaire départemental de la fédération du Puy-de-Dôme (1991-2001) puis membre du comité politique (1998-2002).

  • En 2004, il devient secrétaire général délégué de l'UMP. Il assure actuellement la présidence par intérim du parti (avec Gaudin et Méhaignerie)

  • En 1999, lorsque Sarkozy abandonne son poste de député européen, Hortefeux le remplace. Il est élu député européen en 2004.

  • Il démissionne de ce poste pour devenir Ministre délégué aux Collectivités territoriales dans le gouvernement de Dominique de Villepin.

  • Il semble vouloir prendre la Municipalité de Clermont-Ferrand (seule grande ville française - avec Limoges - à être à gauche depuis la Libération)

Actuellement:
"Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement"
...

Au sujet de l'expression "Ministre de la rafle et du drapeau", que j'emprunte à Richard Moyon, membre de RESF (écouter): je dois préciser que le terme "rafle" désigne une pratique qui n'est pas spécifique à une période historique (la deuxième guerre mondiale). La rafle n'est pas la déportation. Ce ne sont pas des synonymes. La rafle peut être suivie, ou non, de déportation. Ici, il s'agit "d'expulsion" et non de "déportation", mais le caractère massif des expulsions prouve indubitablement qu'il y a eu "rafle".

En 2005, Sarkozy affirmait: "Le nombre des mesures d'éloignement d'étrangers en situation irrégulière exécutées a fortement augmenté: 12 000 en 2003, 15 000 en 2004, nous dépasserons 20 000 en 2005, sachant qu'un objectif de 25 000 sera fixé en 2006." Au final, + 140% d'expulsions en 5 ans.

Cela exige l'usage de certaines méthodes. Comme l'explique Dominique Vanstaevel: "Il est difficile de croire que pour parvenir à un tel résultat, la police se soit contentée de faire de la cueillette artisanale. La police a commis —et commet encore — des rafles (métro, ateliers, hôtels). Donc, l’usage du terme "rafle" est loin d’être usurpé dès lors qu’il s’agit de qualifier des opérations de police telles que nous en voyons dans certains quartiers de Paris, avec bouclage de rues, intervention massive dans les lieux publics ou privés..."

Or, Brice Hortefeux entend poursuivre la politique engagée par "son ami de trente ans". Dès le 4 juin 2007, il a annoncé aux responsables des forces de l'ordre les objectifs à atteindre en 2007 en matière de lutte contre l'immigration clandestine... "Eloigner" 25.000 sans-papiers.

"Le ministre a défini un objectif de 125.000 personnes mises en cause pour infractions à l'entrée et au séjour des étrangers", précise aussi le communiqué...

20.6.07

Les responsables

Rumsfeld et le Pentagone étaient au courant de ce qui se passait à Abou Ghraib
Le général chargé de la première enquête sur le scandale de la prison irakienne affirme dans The New Yorker que la hiérarchie militaire était au courant des abus perpétrés sur les détenus par les soldats américains.

De hauts responsables du Pentagone, dont l'ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld en personne, ont été directement impliqués, du moins en tant que donneurs d'ordres, dans les méthodes abusives d'interrogatoire pratiquées à la prison d'Abou Ghraib en Irak. C'est ce qu'affirme, dans un article publié le 18 juin par le magazine The New Yorker, le général deux étoiles Antonio Taguba qui a mené la première enquête sur le traitement réservé aux prisonniers irakiens dans cette prison et qui aurait été contraint, de ce fait, à prendre une retraite anticipée.

Le général affirme avoir été frappé d'ostracisme par le Pentagone après la remise de son rapport exhaustif sur les désormais tristement célèbres sévices commis à Abou Ghraib qui ont déclenché un tollé dans le monde entier et ont conduit à une refonte des politiques américaines en matière d'interrogatoire et de détention.

Au cours de ses nombreux entretiens avec le journaliste du New Yorker, Seymour Hersh, Antonio Taguba a assuré qu'on lui avait ordonné de limiter ses investigations aux simples soldats qui figuraient sur les photos avec les prisonniers, ainsi qu'à leur unité. Il a pourtant toujours pensé que ces hommes avaient agi sur ordre venu d'en haut. A son avis, le haut commandement en Irak était forcément au courant des techniques d'interrogatoire agressives en vigueur dans la prison d'Abou Ghraib qui ressemblaient d'ailleurs à celles utilisées pour les prisonniers importants du centre de détention de Guantanamo Bay à Cuba.

Antonio Taguba accuse également l'ancien ministre de la Défense Donald Rumsfeld d'avoir menti au Congrès lorsqu'il a témoigné, en mai 2004, sur l'enquête en minimisant ce qu'il savait des abus. Le général assure qu'il avait rencontré le ministre de la défense et ses proches collaborateurs la veille même de cette audition.
"Je sais que mes pairs de l'armée seront furieux que je parle, mais le fait est que nous avons violé les lois de la guerre à Abou Ghraib. Nous avons violé les conventions de Genève. Nous avons violé nos propres principes et nous avons violé le cœur de nos valeurs militaires. Le stress au combat ne constitue pas une excuse, et je pense, aujourd'hui encore, que les chefs militaires et civils responsables doivent répondre de leurs actes."

Josh White, Amy Goldstein, San Francisco Chronicle (trad. par Courrier International)

18.6.07

Armadillidium Vulgare

S'il y en a bien un qui m'horripile, c'est Jean-François Copé.
Parcours de droite classique. Né dans les Hauts-de-Seine, ce fils de chirurgien a fait Sc. Po et l'ENA avant d'enseigner l'économie à Sc. Po. et Paris-8.
RPR puis UMP. Il a notamment été porte-parole du gouvernement Raffarin et Ministre délégué au budget des gouvernements Raffarin et Villepin.

Copé est une tête à claques. Le fayot de l'UMP.

Copé c'est aussi celui qui a, lors d'une réunion publique, qualifié des militants de gauche de "cloportes" et "résidus" : « Quand on est capable, un jeudi matin, d'envoyer une petite cohorte de cloportes un peu agressive, venue m'expliquer qu'ils étaient là pour sauver la démocratie [...] ça m'amuse parce que chez moi, à Meaux, nous avons aussi quelques résidus de cette nature ». (07/06/07). Voir la vidéo
Chers amis,
Ne dites plus "Jean-François Copé" mais Armadillidium Vulgare : ça fait savant et c'est bien plus précis.

9.6.07

Boucherie Productions


Ce qui est bien avec Eric Le Boucher (qui s'occupe de la chronique "économie" au Monde), c'est qu'il suffit de lire la première et la dernière phrase pour savoir ce qu'il y a entre les deux.

Ca va plus vite.

Si, si ça marche! Par exemple, cette semaine ça donne très exactement ceci:

"Ce qu'il y a d'hyper-sympa avec l'hyper-capitalisme est qu'il change tout le temps et toujours beaucoup plus vite qu'on l'imagine [...] L'hyper-capitalisme est hyper-sympa mais hyper-compliqué."

Bref, avant même de nous instruire de la "complexité" du monde, Le Boucher nous préviens que ce monde est "sympa".

Post-scriptum: ne pas oublier qu'en 2003, Eric Le Boucher avait inventé la délicieuse expression « 21 avril social ». Comparer la mobilisation sociale contre la réforme Fillon avec la mobilisation électorale en faveur du FN, voilà le genre d'exploit qui sied bien au héraut de "l'hyper-capitalisme".

3.6.07

Internationale du Capital







Le 18 mai 2007, le Président Colombien avait affirmé vouloir lancer une intervention militaire pour libérer les otages des FARC, ajoutant: "il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des Farc" et les traitant à l'occasion de "nazis"

"Les Farc répètent à nouveau au président Nicolas Sarkozy et au peuple français leur engagement formel à parvenir à un échange de prisonniers pour lequel la démilitarisation des municipalités de Florida et de Pradera (sud-ouest) est indispensable", avait écrit Raul Reyes, le numéro deux des Farc, dans un communiqué du 24 mai 2007.

Après s'être entretenu avec le président Sarkozy, le Président Uribe, avait ensuite annoncé sa décision de libérer de nombreux guérilleros des FARC.
Pour justifier ce virage à 180°, Uribe avait invoqué une mystérieuse "raison d'Etat", promettant de s'expliquer le 2 juin.

Nous sommes le 3 juin et, finalement, le Président Colombien ne s'est pas expliqué. 187 guérilleros des FARC ont été transférés depuis leur prison vers un "centre de détention provisoire". Leur libération semble imminente. La mesure concernerait même un de leurs dirigeants, Rodrigo Granda, qui refuse, comme l'exigeait le gouvernement colombien, de renoncer à la lutte armée.

Selon le quotidien colombien El Tiempo, la libération (programmée) de Rodrigo Granda serait une demande directe du Président Sarkozy, qu'il devrait d'ailleurs rencontrer prochainement à Paris.

Je me demande si Sarkozy obtiendra la libération (symbolique) d'Ingrid Betancourt avant les Législatives?
Comme les sondages donnent l'UMP à "420 à 460 sièges" (ce qui est déjà sidérant), je me demande si la manipulation pourrait conduire à une Assemblée nationale entièrement bleue? Je rappelle qu'il y a 577 sièges à pourvoir.

Je me demande surtout quelle est cette "raison d'Etat" invoquée par Uribe? Qu'a donc promis Sarkozy?
Citant El Tiempo, Le Monde affirme: "En contre-partie du geste du président colombien, M. Sarkozy se serait engagé à accorder son soutien à M. Uribe, fragilisé sur la scène internationale"

C'est-à-dire?

Les liens étroits du gouvernement Uribe avec les paramilitaires ayant perpétré de nombreux massacres, et la découverte de plusieurs fosses communes, ont terni son image jusqu'aux Etats-Unis. Des élus du parti Démocrate commencent à contester le soutien absolu accordé par Bush à Uribe. Ce dernier cherche-t-il de nouveaux appuis en Europe? De quelle nature? On voit mal la France fournir autant que les USA (500 millions de dollars par an) pour financer le terrorisme d'Etat.

A suivre...

31.5.07

Les geôles de l'Oncle Sam


Un Saoudien détenu dans la prison de Guantanamo est mort mercredi 30 mai. Il se serait apparemment suicidé.
L'an dernier, après un triple suicide sur la base navale, une diplomate du département d'Etat avait estimé qu'il s'agissait d'un "coup médiatique" pour attirer l'attention du monde entier, une remarque que son ministère avait jugé malencontreuse.
Au total, près de 800 prisonniers sont passés par le camp de Guantanamo depuis son ouverture dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. Quelque 380 y sont toujours détenus, certains depuis cinq ans sans avoir été inculpés, ni jugés.
En 2006, John Negroponte, directeur des services secrets nationaux américains, et criminel de guerre (remember Nicaragua...), refusa que l’on impose des "limites intolérables" aux méthodes utilisées par les officiers des services secrets pour faire parler les suspects.
Bref, il demandait que la torture soit autorisée.
Il a été entendu. Une nouvelle législatation a été adoptée.
Le président du Centre pour les droits constitutionnels (CCR) a expliqué qu'elle "permet au président Bush de passer sa propre interprétation des Conventions de Genève par un ordre exécutif et il protège la CIA et les personnels militaires de poursuites pour des violations passées".
Vous avez dit "intolérable", Monsieur Negroponte?

22.5.07

Berlusconi & Cie

PARIS (Reuters) - Laurent Solly, ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, rejoindra à partir de mercredi le groupe Bouygues avant d'aller "en temps voulu" à la direction générale de la chaîne de télévision privée TF1, a annoncé le groupe de BTP et de communication.