18.2.09

Les eaux froides du calcul égoïste

Ce panneau a été installé à l'entrée d'une gare, dans le nord de l'Angleterre:


Selon Le Monde, "Le but est d'empêcher les voyageurs se faisant déposer en voiture devant la gare de se livrer à des adieux trop longs et trop démonstratifs. Le dépose-minute serait encombré de voitures par leur faute, et les au revoir langoureux perturberaient le bon fonctionnement du lieu. C'est du moins ce qu'estime Virgin rail, à l'origine de la rénovation de la gare, dont il a cherché à optimiser l'efficacité. Cette opération pourrait également être commerciale : l'entreprise a invité les personnes désireuses de réellement prendre le temps de se quitter à garer leur voiture au parking".

2.2.09

Christine "tout va bien" Lagarde


17 août 2007, conférence de presse
«L’économie française repose sur des fondamentaux qui sont solides [...] Je ne conçois pas aujourd'hui de contamination à l'économie mondiale»

17 août 2007, dans Le Parisien

«Ce n'est pas un krach [...] Nous assistons aujourd'hui à un ajustement [...] une correction financière, certes brutale mais prévisible»

5 novembre 2007 sur Europe 1

«La crise de l'immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir d'effet sur l'économie réelle américaine. Il n'y a pas de raisons de penser qu'on aura un effet sur l'économie réelle française»

18 décembre 2007, sur France-Inter

«Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés. [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille d'une grande crise économique»

22 janvier 2008, sur Europe 1
«[Un krach?] Il faut éviter les mots spectres, les mots angoisse comme ça [...] Je crois qu'on a observé une correction brutale sur les marchés asiatiques, européens dans la foulée»

10 février 2008, au G7 au Japon
«Nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l'Europe»

11 février 2008, dans Le Figaro
«Si les États-Unis devaient éviter la récession, leur croissance sera toutefois très faible. L'Europe sera elle aussi touchée».

26 mars 2008, conférence de presse

«L'environnement international est difficile […] La volatilité actuelle des taux de change et le niveau du dollar sont un risque pour notre croissance»

1er juillet 2008, dans Le Figaro
A l'orée de la présidence française de l'UE, Lagarde veut rester comme le ministre français ayant permis à l'Europe «d'éviter la crise financière d'après»

15 septembre 2008, sur Europe 1
«L'ensemble des autorités bancaires, le Trésor, les banques centrales se sont concertées pendant plusieurs jours, les mécanismes sont en place, il n'y a pas panique à bord»

16 septembre 2008, conférence de presse
«[La crise aura] des effets sur l'emploi et sur le chômage [pour l’heure] ni avérés ni chiffrables»

20 septembre 2008, conférence de presse

«Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous»

Aujourd'hui Christine Lagarde explique que la situation au 4e trimestre 2008 constitue du "jamais vu", évoquant un "effondrement de la production industrielle, surtout en novembre et décembre". "Je serais très étonnée qu'on ait une croissance positive en 2009" dit-elle.
A Davos, elle a reconnu que la crise risque de provoquer “des troubles sociaux”.

Et l'on apprend dans Le Monde que "M. Sarkozy est ressorti très préoccupé de sa conversation téléphonique avec Barack Obama, lundi 26 janvier. Le lendemain, devant les leaders de la droite, il a expliqué que la crise bancaire américaine en était plus à ses débuts qu'à sa fin."(31-01-09).

24.1.09

Heureux mais inférieur ?

"Comme je suis heureux, je ne vois pas pourquoi il faudrait que je cache mon homosexualité": c'est par ces paroles pleines de sagesse que Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement et membre de l'UMP, a rendu publique son homosexualité.

Mais j'aimerais bien savoir ce que Karoutchi pense des propos du député UMP Christian Vanneste, qui avait affirmé en 2005, dans la presse régionale, que l'homosexualité est «inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité ».
Et surtout: que pense Karoutchi du fait que son parti (l'UMP) tolère de tels propos? Sarkozy avait dit au Figaro que Vanneste ne serait "pas réinvesti aux législatives" de 2007. Il fut pourtant bien le candidat UMP dans la 10e circonscription du Nord...

16.1.09

Gaza: les médecins occidentaux témoignent (2)

Harald Veen Fresed, médecin, a vécu l'enfer de l'hôpital Chifa à Gaza
LEMONDE.FR | 16.01.09 | 11h05 • Mis à jour le 16.01.09 | 11h05
Jérusalem, correspondant

arald Veen Fresed vient de passer une semaine à l'hôpital Chifa, dans la ville de Gaza. Ce chirurgien hollandais est épuisé. Envoyé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ce spécialiste des opérations abdominales a du mal à cacher son émotion après ce qu'il appelle "une véritable tragédie". Pourtant habitué aux guerres et aux situations de détresse – tout particulièrement dans les conflits africains –, il revient bouleversé par ce qu'il a vu.

Pendant huit jours, sans discontinuer, le médecin a vécu toutes les horreurs. "Des membres mutilés, des cervelles qui sortaient, des tripes à l'air, des blessés qui mouraient après s'être vidés de leur sang. L'afflux était énorme. Il était difficile de faire face. On parait au plus pressé, choisissant ceux que l'on pouvait sauver, délaissant ceux pour qui c'était trop tard."

Harald Veen Fresed explique que trois équipes de quinze médecins se relaient tour à tour, toutes les vingt-quatre heures, pour faire face à un afflux continuel de blessés. "A tel point que l'on peut à peine bouger et qu'il faut soigner au plus vite pour absorber ce trop-plein."

Le médecin rend hommage à la compétence et au dévouement des docteurs palestiniens. Il y a des médicaments, mais il n'y a pas suffisamment de matériels, ni de place dans les salles ou à la morgue. Les cas les plus graves sont expédiés en Egypte par Rafah. "Je peux vous dire que le chiffre de plus de 1 000 morts est certainement inférieur à la réalité. On croit déjà avoir tout vu, être bien préparé pour affronter l'inaffrontable. Eh bien je peux vous assurer que ce fut une véritable épreuve."

Grand, blond, filiforme, pesant ses mots, Harald explique que le plus dur fut d'assister "aux drames personnels". "Aux parents, aux familles effondrées face à la mort et à la souffrance. Vous assistez, impuissant, en silence, à ces tragédies. Certains voulaient suivre les blessés jusque dans la salle d'opération de peur de ne plus jamais les revoir vivants. Beaucoup avaient des blessures énormes provoquées par des éclats et je me demandais comment ils pouvaient encore survivre. On dit toujours que la guerre est horrible mais l'on ne peut pas s'imaginer ce que c'est, car l'on n'en voit qu'une partie."

"UN GRAND TROU DANS LE DOS"

Pour Harald, il y a tous ces morts mais il y a surtout tous ceux qui sont amputés, paraplégiques, aveugles. "La guerre ne s'arrête pas avec le cessez-le-feu. Pour beaucoup, elle dure pendant des années, toute la vie." Une chose est sûre pour lui : "J'étais content d'être là. Je me considère comme un privilégié d'avoir pu de façon infinitésimale apporter une aide."

Après être intervenu pendant le génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994, il avait décidé d'arrêter pendant deux ans pour en digérer l'horreur. Puis, il est reparti. Et chaque fois que le CICR l'appelle, il reprend sa valise juste pour faire ce qu'il appelle "une petite différence". "Ce qui est important, c'est d'être là." Il se défend d'être un idéaliste. Il en a beaucoup trop vu pour cela. Cela ne l'empêche pas de faire des cauchemars, de revivre des scènes.

Lorsqu'il a quitté Gaza, ce ne fut pas facile, car il a eu le désagréable sentiment "d'abandonner" ses collègues d'une semaine. Harald est allé retrouver sa petite fille de 3 ans. Le même âge que celle qu'il a vue arriver à l'hôpital Chifa, l'air intact, les yeux grands ouverts. Lorsqu'il l'a retournée, elle avait "un grand trou dans le dos". Plus jamais, elle ne remarchera.

Michel Bôle-Richard

Gaza: les médecins occidentaux témoignent (1)

Il y a enfin de bons articles du Monde sur les crimes perpétrés à Gaza. Premier épisode...

Deux médecins norvégiens présents à Gaza affirment avoir "vu des victimes d'un nouveau type d'armes, les DIME"
LE MONDE | 12.01.09 | 13h56
AL-ARISH (Egypte) ENVOYÉE SPÉCIALE

es blessés d'un type nouveau - adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents - ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza.Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls Occidentaux présents dans l'hôpital de la ville, qui en ont témoigné.

Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d'années avec l'organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l'Egypte. Non sans ultimes obstacles : "Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d'arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper", ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.

Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l'ambassadeur de Norvège venu les accueillir, ont été bloqués toute la nuit "pour des raisons bureaucratiques" à l'intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d'une des bombes lâchées à proximité.

"A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME - pour Dense Inert Metal Explosive", ont déclaré les médecins.
Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. "A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération israélienne "Pluie d'été". Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes", ont-ils expliqué.

Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas : "Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire." Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli "des dizaines" de cas de ce type.
Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentant du "monde occidental" - médecin ou journaliste : "Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu'au XXIe siècle, on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut en les appelant terroristes ?"

Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement "au bout du rouleau", un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu'ils avaient préparé reste bloqué au passage d'Erez.
"Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpital d'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber à dix par minute." Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. "Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. poursuivent-ils. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler... Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j'ai demandé comment s'était passée la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes." A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. "Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi..."

Sophie Shihab
Article paru dans l'édition du 13.01.09

14.1.09

Torture à Guantanamo

Obama a annoncé, lors d'un entretien le 11 janvier sur la chaîne ABC, que la fermeture du camp de détention de Guantanamo prendrait davantage de temps que les cent premiers jours de sa présidence.
Selon la direction de la prison, sur environ 205 détenus, "il y a quarante-deux grévistes de la faim, dont trente et un" sont nourris de liquide protéiné qu'on leur injecte par le nez.

La responsable américaine des procès de Guantanamo, Susan J. Crawford, a reconnu dans un entretien publié, mercredi 14 janvier, dans le Washington Post, que les Etats-Unis avaient utilisé la torture contre un détenu saoudien. "Nous avons torturé Qahtani", a-t-elle affirmé, précisant qu'elle renverrait son cas devant la justice. Suspecté d'être l'éventuel vingtième pirate des attentats du 11 septembre 2001, Mohammed Al-Qahtani, 30 ans, est détenu à Guantanamo depuis janvier 2002.
Il a été soumis à un régime d'isolement prolongé, de privation de sommeil, de nudité et d'exposition prolongée au froid, le laissant "dans un état qui menaçait sa vie", a indiqué Susan Crawford. "Les techniques utilisées étaient toutes autorisées mais la façon dont elles ont été appliquées était trop agressive et trop prolongée (...). C'était injurieux et inapproprié. Et coercitif. Clairement coercitif. C'est cet impact médical qui m'a conduite" à parler de torture, a-t-elle précisé. Qahtani a été interrogé durant plus de cinquante jours, de novembre 2002 à janvier 2003 et maintenu à l'isolement jusqu'en avril de la même année.

5.1.09

Enfants de Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine

Gaza, 1.5 millions d'habitants bombardés et assaillis par des chars.
Tsahal empêche les journalistes d'y pénétrer.
Que sait-on au juste sur ce qui s'y déroule?

On sait que tôt ce matin, cinq enfants ont été assassinés à Gaza. Trois d'entre eux ont été tués par l'obus d'un char dans le quartier de Zeitoun et deux autres dans un bombardement de la marine israélienne contre le camp de réfugiés de Chati.

On sait que désormais 80% de la population de Gaza dépend de l'aide humanitaire (source: Office de coordination pour les affaires humanitaires de l'ONU).

On sait que "75% de l'électricité a été coupée car sept des douze lignes ont été endommagées par les bombardements, plus de 500 000 personnes n'ont pas accès à l'eau courante, les égouts se répandent dans les rues, il n'y a pas eu de livraisons de fioul depuis le 27 décembre, tout le système d'approvisionnement (eau, électricité, égouts) est sur le point de s'effondrer" (association israëlienne Gisha)

On sait que 90 % des lignes téléphoniques sont coupées.

On sait que l'UNRWA (Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens) a fermé 4 de ses 18 centres de soins et que pour la deuxième journée consécutive, les autorités israéliennes n'ont pas permis à une équipe médicale du Comité international de la Croix Rouge (CICR) de se rendre à Gaza pour venir en aide aux médecins débordés.

On sait que le Times a photographié des bombardements au phosphore. On sait qu'à Fallouja aussi ces bombes ne devaient servir qu'à l'éclairage... et qu'elles ont brûlé des civils. Tout ce qui est mis en lumière par ces armes chimiques c'est l'hypocrisie coloniale qui déborde allègrement du masque démocratique...

On sait aussi que les militaires israéliens visent les Ministères, les Universités afin d'atomiser la société palestinienne.

On sait que les blessés crèvent sur place, parce que les ambulances ne peuvent plus intervenir.

MANIFESTATION samedi 10 janvier pour exiger la fin de l'offensive et le retrait de Tsahal!

Samedi 27/12, premiers bombardements: 500 manifestants à Paris
Mardi 30/12, chacun a pu s'informer sur ce qui se passe à Gaza: 4000 manifestants à Paris.
Samedi 3 janvier, on commence à s'organiser: 25 000 manifestants à Paris (15 000 à Marseille!)
Samedi 10 janvier, soyons encore plus nombreux...

30.12.08

Manifestation mardi 30 décembre 18h

GAZA : ARRETONS LE MASSACRE DU PEUPLE PALESTINIEN!

1million et demi de personnes assiégées affamées, bombardées depuis 18 mois c'est une punition collective et donc un crime de guerre aux termes de la 4e convention de Genève art. 33.

1 million et demi de personnes qui subissent une agression d'une violence sans précédant de l'armée israélienne, c'est encore un crime de guerre!

L'union Européenne a donné le feu vert à Israël pour ce crime en décidant à l'initiative de sa présidence française, et contre le parlement européen, du « rehaussement » du statut des relations Union Européenne -Israël.

Nous, organisations du collectif National pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens, signataires de cet appel, exigeons:
- L'arrêt du massacre
- La levée immédiate et totale du blocus
- La suspension de tout accord d'association entre l'UE et Israël, des sanctions immédiates contre Israël
- La protection de la population de Gaza et de tout le peuple palestinien

Nous appelons à une manifestation Mardi 30 Décembre 18H00 départ à Angle bd Montparnasse / rue de Rennes en direction du Quai d'Orsay

Signataires : Américains contre la Guerre (AAW) France, AFD france, Collectif des Musulmans de France, PCF, CCIPPP, UTIT, FTCR, LCR, NPA, Solidarité tunisienne, Union juive française pour la paix, AJPF, MRAP, AFPS, PDP> France, Ettajdid France, Agir Contre la Guerre (ACG), Association des Marocains de France, ATF, PCOF, Génération Palestine, GUPS, MIR, MIB, Collectif Faty Koumba etc...

28.12.08

Les crimes de Tsahal

L'opération "plomb durci" menée depuis samedi matin par l'armée d'occupation israelienne consiste à bombarder la bande de Gaza.

Dans ce territoire où les vivres et matières premières n'arrivent qu'au compte-goutte, en fonction du bon-vouloir du gouvernement israëlien, les Palestiniens sont littéralement parqués.

La densité de population y est de... 3 800 hab/km² ! (pour donner une idée, celle de la France est de 94 hab/km²)

Le résultat de l'opération "plomb durci"?
271 morts et 620 blessés selon le bilan provisoire des services de secours.

Ci-dessous: des photos des victimes et un extrait du communiqué de l'Union Juive Française pour la Paix




Gaza : la responsabilité directe de la France et de l'Union Européenne
Du blocus à l'assassinat collectif
Bureau National De l'Union Juive Française pour la Paix
27-12-08

" [...] Ce massacre était annoncé, envisagé et commenté ces derniers jours dans la presse israélienne, après la fin de la trêve respectée par le Hamas et rompue sans arrêt par l'armée israélienne. Ce crime a été rendu possible par l'impunité totale accordée à Israël depuis bientôt 9 ans et le soutien actif dont il bénéficie au sein de l'Union Européenne. Il est le résultat direct du «rehaussement de la coopération avec l'UE» imposée par la présidence française contre le vote de report du Parlement Européen.

Depuis maintenant des années, la bande de Gaza subit, avec le soutien complice de l'Union Européenne un siège criminel qui viole délibérément toutes les lois internationales : un million et demi de civils sont prisonniers de l'armée israélienne et privés de tout : de nourriture, de carburant, d'électricité, de médicaments, de matériel scolaire. Moins d'un dixième des camions nécessaires au ravitaillement normal de la population parviennent à passer. L'aéroport et le port ont été détruits avant même d'avoir jamais pu fonctionner. Il est interdit de pêcher. Seuls quelques bateaux affrétés par des militants ont pu forcer le blocus. La population subit une «punition» collective impitoyable pour avoir «mal» voté. La communauté internationale laisse faire, voire encourage ce siège. L'occupant a expulsé Robert Falk, le rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme de l'ONU.

Il n'y a aucun statu quo possible, aucune perpétuation envisageable de ce siège impitoyable et criminel. Tout peuple assiégé a le droit de résister à l'oppression [...]" (UJFP)

23.12.08

2 dépêches Reuters

16h26: "L'ancien préfet du Var Jean-Charles Marchiani, actuellement emprisonné pour trafic d'influence, a bénéficié d'une grâce présidentielle partielle, apprend-on auprès du parquet de Paris"

16h42: "La cour d'appel de Paris a refusé la remise en liberté sous contrôle judiciaire du principal suspect de l'affaire du sabotage des lignes de TGV, Julien Coupat, annonce son avocate"

Outre la peine de trois ans de prison ferme prononcée pour deux dossiers où il a été déclaré coupable de "trafic d'influence par personne dépositaire de l'autorité publique", MARCHIANI est jugé depuis octobre dans le procès des ventes d'armes à l'Angola...

Crève charogne!

Lansana Conté, ancien sergent de l’armée française, est arrivé à la tête de l'Etat de Guinée-Conakry grâce à un putsch militaire en 1984. Il a été "réélu" pendant plus de vingt ans grâce à des scrutins truqués. Sa clique contrôlait les importations de produits de première nécessité (riz, essence...), partageait les gains des exports (bauxite, diamants, or) avec quelques multinationales, et réprimait toute contestation. Par exemple en 2005, 2006 et 2007: des grèves massives contre la misère, la faim, la pénurie. Une répression militaire sanglante. De la torture.
Le PIB/habitant de la Guinée est comparable à celui d'un pays voisin comme le Mali (il est même un peu plus élevé en Guinée). Pour avoir passé quelques semaines de part et d'autre de la frontière, les différences m'ont frappé: ce sentiment de désespoir qui semblait général en Guinée, pas au Mali. Cette présence militaire très prégnante en Guinée, plus discrète au Mali.
Par ailleurs, aucun des musiciens que nous avions rencontrés au Mali n'avait séjourné en prison pour ses chansons. Il en allait autrement en Guinée...
Aujourd'hui Lansana Conté est mort. L'armée demeure inchangée. Que va-t-il se passer en 2009? Meilleurs voeux aux travailleuses et travailleurs de Guinée...

19.12.08

Les mots de l'ordre

Dans un article du Monde intitulé "Un jeune homme tué lors d'une altercation à Paris" (18-12-08) le directeur de cabinet du Préfet de police explique que "deux jeunes, connus des services de police pour des choses pas très graves, en sont venus aux mains" non loin du métro Dupleix (Paris-15e). L'un deux a été poignardé, et décède peu après l'arrivée de la police.

Le Monde explique alors que les déclarations du directeur de cabinet contredisent les premières informations qui évoquaient une rixe entre bandes rivales. Le Monde ne dispose visiblement que des infos de l'AFP ; l'article n'est d'ailleurs pas signé et porte (comme souvent) la mention "avec AFP".
A la fin de l'article on peut lire:
"Selon le député-maire du 15e arrondissement, Philippe Goujon (UMP), un renfort de vingt policiers dans le secteur avait été demandé et obtenu dès le début de la semaine dans ce secteur qui sera bientôt équipé d'un dispositif de vidéoprotection"

Vidéoprotection?!
C'est quoi?!

Un mot pour faire croire que la "vidéo" permet de protéger, c'est-à-dire de réduire les dommages causés par les actes malveillants.
Ce qui est parfaitement absurde (que l'on soit pour on contre la présence des caméras)
Quand on est honnête, on utilise le terme de "Vidéo-surveillance", qui indique seulement que des zones vont être surveillées à l'aide de dispositifs vidéo. Sans préjuger de l'efficacité de ces dispositifs pour dissuader (même si elle était efficace, cette dissuasion reléverait de la "prévention" des actes malveillants, et non de la "protection"...).

Vérification faite dans d'autres journaux (par exemple Libération), c'est le député-maire du XVe Philippe Goujon (UMP), qui a déclaré à l'AFP que ce secteur sera bientôt équipé «d’un dispositif de vidéoprotection ».
Conclusion: 1/ les journaux ne critiquent pas le vocabulaire distillé par le pouvoir 2/ quand Le Monde cite l'AFP qui cite un Maire UMP, Le Monde devrait au moins faire usage des guillemets...
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Sur l'inefficacité de la vidéosurveillance, lire cet article de Rue89 et l'article de Eric Heilman dans La frénésie sécuritaire, ouvrage coordonné par Laurent Mucchielli.

15.12.08

Travailleurs de tous les pays...

Premier Dialogue

Le décor: en France, de nombreuses entreprises licencient. Automobile, banque, bâtiment, industrie pharmaceutique... Officiellement, un peu plus de 2 millions de travailleurs sont au chômage. Et les mauvaises nouvelles se multiplient un peu partout.
La scène se passe dans le salon de Jacques Marseille, qui regarde à la télévision un reportage sur Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, où Texas Instrument France menace de supprimer de 202 à 306 postes. Soudain un personnage encagoulé surgit dans le salon.


Le personnage encagoulé: "Il est à redouter que dans "l'univers impitoyable" de la firme de Dallas, on profite de ce contexte de crise mondiale pour opérer des licenciements massifs afin de conserver les taux de rendement pour les actionnaires"

Jacques Marseille: "Quoi? Quelle est donc la vermine gauchiste qui débarque dans ma demeure et nous ressort sa pseudo-analyse paléo-marxiste ? Si les entreprises licencient c'est tout simplement parce qu'elles doivent reconstituer leurs MARGES dans un contexte où les CHARGES sont excessivement lourdes! Encore un enseignant chevelu qui se croit autorisé à commenter l'actualité ?"

Le personnage encagoulé: "[s'adressant à voix basse au public] il me faut répondre à la question que Jacques Marseille, qui est très autorisé à commenter l'actualité, qui est enseignant mais qui n'est certes pas chevelu, m'a si gentiment posée. [il poursuit en se tournant vers Jacques] Et bien non, je ne suis pas enseignant! Je suis Luca!"

Jacques Marseille: "Luca, Erri de Luca, l'écrivain italien? Ça ne m'étonne pas: tu étais ouvrier et tu faisais partie des dirigeants de Lotta Continua! Si la France est infestée d'anarcho-autonomes c'est parce qu'elle a subi l'influence pernicieuse de ton engeance. Saleté de terroriste-spaghetti! Tu..."

Le personnage encagoulé: "Du calme Jacques. Il me semble qu'il y a une petite méprise au sujet de mon identité. Je suis Luca... Lionnel Luca [il enlève sa cagoule]. Je ne suis pas né à Naples mais à Boulogne, dans les Hauts-de-seine, comme Jean-François Coppé. Je ne suis ni ouvrier ni écrivain mais député... UMP. Et je tiens à préciser que je suis pour la peine de mort, comme Jean-Marie Le Pen." Les deux hommes commencent à s'entretuer et le rideau tombe.


Deuxième dialogue


Décor. La crise est mondiale. Le "village global" vacille... La scène se passe en Chine, engagée depuis une vingtaine d'années dans la transition capitaliste. Dans un bureau luxueux mais très sombre, on distingue la silhouette d'un homme assis. Au mur, on aperçoit un portrait du Président-de-la-République-Populaire-de-Chine et secrétaire-général-du-PCC (alias Hu-Jintao, ou deux-en-un).

L'homme assis: "La pression sur l'emploi est énorme, le risque social est aussi dangereux pour la Chine que le choc financier l'est pour le reste du monde"

Le portrait: "Quel satané agitateur attise ainsi la colère des mingong [paysans migrants devenus ouvriers] ? Quel est le nom de ce crapaud dégénéré?"

L'homme assis: "je suis Dong Tao, analyste pour le Crédit Suisse à Hong Kong".

Le portrait fronce les sourcils, puis regarde longuement le public. Il reste silencieux et semble désemparé. Le rideau tombe.

26.11.08

Dangereuse Mary Poppins (suite)

Automne 2008

La crise
Les licenciements

Suite aux réformes de ces derniers mois, les mauvais coups pleuvent sur la majorité de la population. Même les cadres ont vu leur temps de travail augmenter.

D'autres saloperies se préparent. La loi Bachelot sur les hôpitaux ça risque d'être violent. Le changement de statut de la Poste et la concurrence sur les livrets A c'est un peu surréaliste.

Et un tribunal vient de coller une amende au DAL parce que, vous comprenez, mettre des tentes pour SDF, c'est un peu comme laisser traîner des ordures.

Mais Ségolène Royal l'assure : "2012, c'est bientôt. 2012, c'est demain."

Ouf, on est rassurés...

29.10.08

Dangereuse Mary Poppins

Le 24 mars 2007 Ségolène Royal déclarait: « Le fonds de réserve des retraites est une sorte de 'fonds de pension collectif', et c’est la manière dont j’envisage le financement des retraites aujourd’hui ».
Et c'est, bien sûr, le merveilleux Journal des Finances qu'elle avait choisi pour faire cette merveilleuse annonce (elle y expliquait aussi: "je veux favoriser l’actionnariat salarié")

Comme le notait à l'époque Frédéric Lordon, "il y a une économie politique de la financiarisation et le développement de fonds de pension – collectifs ou individuels, ceci n’y change rien – lui fait connaître un changement de régime dont la propriété principale a pour nom : irréversibilité. En son état actuel, si la finance actionnariale fait subir au salariat les effarantes contraintes qu’on sait, au moins tout espoir de la combattre n’est-il pas complètement perdu. Or le paysage stratégique de la libéralisation financière change du tout au tout lorsque le salariat s’y trouve lui-même directement impliqué, comme c’est le cas dès lors qu’une part croissante de son épargne, et notamment la plus sensible, l’épargne-retraite, se trouve propulsée sur les marchés et, de fait, mêlée aux intérêts du capital actionnarial."



N'ayant pas été élue à la Présidence de la République, Mme Royal n'a pu appliquer son programme...

A présent, en plein crise, Mme Royal croit savoir que "Les pseudo-compétents, les super-diplômés, le fin du fin de la finance internationale, tous ceux qui ont conduit le système à sa perte en s’en mettant plein les poches et qui nous ont envoyés dans le mur savaient que le système était devenu fou" (Le Nouvel Observateur 15/10/08)

A présent Mme Royal dénonce dans ses réunions publiques "une caste de financiers irresponsables".

Il faudrait donc lui demander pourquoi elle comptait leur confier les retraites des salariés de ce pays... Mais il y a-t-il un journaliste dans la salle?

24.10.08

"Refonder le capitalisme"


Nicolas Sarkozy, l'homme qui a été élu en se présentant comme celui qui serait le "président du pouvoir d'achat", déclarait dans son discours du 23 octobre :
"Si nous voulons soutenir la consommation, nous ne devons pas le faire en favorisant les importations ou en distribuant du pouvoir d'achat qui n'existe pas." Tant de bêtise condensée dans une si petite phrase...

Il voudrait aussi nous faire croire que ses mesures permettront "que tout redémarre sans rien coûter au contribuable"
Comme disait le Comte, "Il faut que tout change pour que rien ne change"...

21.10.08

Camarades bourgeois, il faut savoir raison garder

Mardi 21/10/08. Le député PS Jean Glavany (proche de Bertrand Delanoë) a déclaré à l'AFP que "se faire entre nous des procès d'intention sur le thème du libéralisme économique a quelque chose de dérisoire".
"Entre nous" désigne l'appareil du P"S" dans la dernière ligne droite avant son Congrès. Si, comme moi, vous la trouvez très droite (la ligne), ce qui suit ne manquera pas de vous étonner.

"Quand j'entends un ancien ministre de l'Economie - qui a été sans doute le plus social-libéral de nous tous (...), il y a huit ans -, laisser entendre que celui qui a municipalisé l'eau à Paris serait trop influencé par le libéralisme, ce serait presque comique si ce n'était pas dérisoire",

Un bon tacle destiné à Fabius (soutien de M. Aubry pour le congrès...). Comme le rappelle Glavany, à l'époque Fabius était celui qui "présentait la baisse des impôts, notamment sur le revenu, comme le nouvel horizon du socialisme, ou qui refusait la fiscalité supplémentaire sur les stock-options".

Mais ce qu'oublie de dire le député PS c'est qu'on ne sait pas quelle forme Delanoe va donner à sa promesse de remunicipaliser la gestion de l'eau à Paris. Ou plutôt on le devine trop bien: une "délégation de service public" (au privé) et non une gestion en régie municipale avec des agents ayant un véritable statut de fonctionnaire.

Glavany ajoute que le PS ne doit pas "céder, dans la crise financière, au 'plus à gauche que moi, tu meurs'". Sans dec? Si c'est pas dans la crise c'est pour quand ? Glavany critique le concours "à celui qui aura la liste la plus longue de mesures anticapitalistes" mais j'en ai pas encore vu une seule...

22.7.08

Ordures ordinaires

Samedi 19 juillet, non loin de Naples, trois soeurs, Cristina (16 ans), Violetta (14 ans) et Diana (9 ans) se rendent à la plage avec leur cousine Manuela (16 ans).

Elles sont là pour vendre des bibelots. Il fait très chaud alors, même si elles ne savent pas vraiment nager, elles décident de se baigner.

Ce jour là, la mer est agitée. Cristina et Violetta s'aventurent plus loin que les deux autres et disparaissent sous une vague.
Manuela et Diana partent immédiatement chercher des secours. Lorsqu'elles reviennent avec de l'aide, la mer a ramené sur la plage les corps sans vie de Cristina et Violetta.

C'est bien triste ces deux enfants mortes noyées.
Il faut néanmoins savoir ce qui s'est passé ensuite.

La police emmène les deux rescapées pour trouver leur famille tandis que quelqu'un pose des serviettes sur les deux petits cadavres.

Et là... des gens s'allongent dans la plus totale indifférence à quelques mètres des corps.
Bain de soleil barbare. Détente absurde. DURANT 3 HEURES.


On a beaucoup parlé des ordures qui s'accumulent dans les rues de Naples. On ferait mieux de parler des ordures qui se prélassent à côté des cadavres d'enfants.

Cristina et Violetta étaient des Roms.
Selon un récent sondage, 2/3 des italiens souhaitent l'expulsion de tous les Roms, même de ceux disposant d'un passeport italien.

Le Maire de Monte di Procida, le bourg le plus proche de la plage, a justifié le comportement des salauds. Vous comprenez, ils se seraient comportés ainsi même si les jeunes filles n'avaient pas été des Roms.
Monsieur le Maire n'a rien compris. Ce qui est abject, c'est l'indifférence face à ces corps encore chauds. Quelle que soit l'origine de ces corps.

S. Berlusconi et R. Marroni (Ministre de l'Intérieur, membre de la Ligue du Nord) avaient promis de ficher tous les Roms. Comme d'habitude il s'agit officiellement de protéger les plus faibles, les mineurs.

Dans les faits, l'administration italienne constitue un fichier selon la "race". Elle prend les empreintes des seuls Roms. Le Parlement européen a qualifié cette mesure de "raciste". Près de Naples, elle est mise en œuvre depuis le 19 juin. Un mois avant la mort des deux enfants.

26.5.08

offre "raisonnable" d'emploi ?

Extrait d'un entretien avec Jacques Freyssinet, président du conseil scientifique du Centre d'étude de l'emploi (le Monde 27/05/08):

Ne doit-on pas inciter les chômeurs à se porter sur les offres d'emploi non pourvues ?

Ces offres d'emploi non pourvues sont de deux ordres. Il y a d'abord des emplois requérant des qualifications spécifiques. Ce n'est pas en sanctionnant les chômeurs que ces offres seront pourvues : il s'agit d'un problème de formation, d'autant que ceux qui restent un certain temps sans emploi sont ceux qui sont le plus en difficulté.

Le deuxième gros volume d'offres vacantes concerne les "bad jobs", comme disent les Anglais, les emplois précaires, mal payés, avec des conditions de travail difficiles. Dans la mesure où le projet isole la sanction de toute mesure positive d'aide au retour à l'emploi, il ne reste que la menace. Si on exerce une pression financière sur les chômeurs, ils seront obligés d'accepter ces emplois espère-t-on. Il s'agit bien du but du gouvernement, qui ne peut être affiché comme tel.

24.4.08

Les mensonges de Brice Hortefeux

Echaudé par l'importante grève des travailleurs sans-papiers et par le soutien dont elle bénéficie, Brice Hortefeux s'évertue, dans une tribune publiée par Le Monde, à présenter la chasse à l'homme comme une "politique juste et efficace".

* "Lorsque 1 800 immigrés clandestins sont morts en 2007 aux portes de l'Europe sur des barques de fortune, victimes de réseaux et de passeurs, faudrait-il rester les bras ballants ? Lorsque des immigrés légaux font l'effort de respecter nos lois et de suivre le parcours d'intégration, faudrait-il n'en tenir aucun compte et ne pas faire de différence avec ceux qui rentrent en France illégalement et y séjournent sans y être autorisés ?
Lorsque les gouvernements des pays d'émigration eux-mêmes nous demandent de ne pas piller leurs forces vives, faudrait-il refuser de les écouter et de gérer les flux migratoires avec eux de manière concertée ? "
Cette succession de fausses questions est un procédé rhétorique dont le candidat Sarkozy a usé tout au long de sa campagne. Fausses questions parce que le Ministre n'attend aucune réponse. Et pour cause: la seule réponse rationnelle consisterait à rappeler que sa politique ne vise aucunement à épargner des noyades, rappeler que les immigrés illégaux font "l'effort de respecter" les lois et de payer des impôts mais que le Ministre refuse de leur donner des papiers, rappeler qu'il n'existe pas de "parcours d'intégration", rappeler que ce sont Hortefeux et Sarkozy qui pillent les pays du Sud en choisissant les migrants les plus diplômés.

* Pour Brice Hortefeux, la seule alternative aux Centres de Rétention Administrative (CRA) "serait la prison", or "la personne retenue, qui séjourne en moyenne douze jours en CRA, bénéficie de conditions de vie beaucoup plus libérales que celles d'un détenu : droit de visite étendu, possibilité de téléphoner à l'extérieur, absence d'enfermement en cellule…".

Non, on ne "séjourne" pas dans un CRA: on y est enfermé. A ce premier mensonge, le Ministre ajoute deux omissions. D'abord, la comparaison avec la prison veut faire oublier que le seul délit de ceux que l'on enferme dans un CRA, et qui sont parfois de jeunes enfants, c'est de ne pas avoir de papiers. Ce ne sont ni des délinquants ni des criminels. Ensuite, la moyenne de "douze jours" signifie que certains y sont détenus plus longtemps. Or c'est Sarkozy qui, en 2003, a fait passer la durée maximale de détention de 12 à 32 jours. Le Parlement Européen veut la porter à... 18 mois.

Le plus grave mensonge du Ministre consiste toutefois à faire passer les CRA pour un lieu où les "conditions de vie" sont relativement acceptables, alors même qu'elles sont inhumaines et dégradantes. Risque-t-on sa vie en faisant une grève de la faim ou en avalant des lames de rasoir dans un lieu où les droits sont respectés?
Par exemple, le 11 février, au CRA de Vincennes, des policiers de la BAC ont utilisé des pistolets électriques (Taser) pour mater des détenus qui protestaient. Cinq d'entre eux ont été placés en garde à vue pendant quelques heures par l'Inspection générale des services (IGS), jeudi 17 avril, après qu'une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris. Car les affaires de ce genre se multiplient.
Par exemple, le 6 avril, au moment même où, à Joinville-le-Pont, se rendait l'hommage à Monsieur Traoré, mort en tentant d'échapper à la police, soixante détenus en grève de la faim subissaient, à quelques mètres de là au CRA de Vincennes, une répression incroyablement brutale. Sortis de force de leurs chambres, pour être conduits au réfectoire, ils ont protesté et les policiers les ont copieusement matraqués. Une personne qui se trouvait encore par terre –
apparemment victime d'une crise cardiaque – a été transportée à l'hôpital. Trois ont été envoyées à l'infirmerie. L'un aurait le bras cassé. Nombreux ont des bleus, y compris des cocards aux yeux. Etc.
Hortefeux a beau jeu de rappeler que "les premiers (CRA) ont été ouverts en 1984, lorsque les socialistes et les communistes étaient au pouvoir". C'est vrai. Est-ce une raison pour les accepter? Pour taire ce qui s'y passe?

VIDEO 32 JOURS EN CENTRE DE RÉTENTION


Lire le rapport 2007 de la CIMADE, seule association autorisée à pénétrer dans les CRA
Extrait: "La pression installée par les objectifs chiffrés d’expulsion conduit les services de police à procéder à de plus en plus d’interpellations avec des méthodes souvent contestables.
Interpellations à domicile, rafles, contrôles d’identité justifiés par des prétextes dérisoires (traversée en dehors des clous, crachat sur la voie publique, etc.) masquant mal la réalité de contrôle “au faciès”. La chute du jeune Ivan à Amiens à l’été 2007 qui tentait d’échapper à une interpellation à domicile, la défenestration puis le décès de Chulan Zhang Liu, ressortissante chinoise, à Belleville le 21 septembre 2007, le suicide par pendaison le 15
février 2008 de John Maina, un Kenyan de 20 ans, après avoir appris le rejet de sa demande d’asile, comme la mort le 4 avril 2008 de Baba Traoré, âgé de 29 ans qui, poursuivi par la
police, s’est jeté dans la Marne à Joinville-le-Pont, montrent à quels drames conduit l’instauration d’un tel climat de peur. Les services administratifs confrontés à une obligation de résultat appliquent la loi d’une manière de plus en plus mécanique et sous un angle plus répressif ne leur permettant souvent plus de mesurer la réalité des situations humaines derrière les dossiers.

Trois nouveaux centres de rétention sont entrés en fonction en 2007 à Nîmes, Rennes et Metz. Malgré des améliorations sur le plan des conditions matérielles qui en viendraient presque à
banaliser l’enfermement, ces centres sont de plus en plus grands, d’aspect toujours plus carcéral avec la multiplication des caméras de surveillance des portes automatiques réduisant au minimum le contact humain. Nous y rencontrons de plus en plus d’étrangers
pour qui la privation de liberté et la perspective d’une expulsion sont inacceptables et insupportables. Conjoints de français, malades, vieillards, futurs parents d’enfants français, mineurs, demandeurs d’asile craignant pour leur vie, touristes, résidents réguliers dans un autre pays européen, jeunes majeurs, doubles peines… L’inventaire en est impossible mais chacune de ces histoires mériterait d’être racontée.

Au mois d’octobre 2007, le placement en rétention d’un nourrisson de 3 semaines au centre de rétention de Rennes est venu illustrer à nouveau l’inhumanité de l’enfermement des familles et
des mineurs. A cette occasion la cour d’appel de Rennes a pour la première fois affirmée et reconnue qu’une telle décision constituait un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des libertés fondamentales et des droits de l’Homme. Cette décision de justicen’a pourtant pas mis fin à cette pratique. En 2007, 242 enfants de tous âges sont passés derrière les grilles et les barbelés des centres de rétention français. Nous ne pouvons une nouvelle fois que dénoncer la violence qui est ainsi faite à ces enfants et à leur famille interpellés le plus souvent chez eux au petit matin avant d’être conduits au côté de leurs parents menottés et enfermés dans les CRA désormais “habilités à les recevoir”. Le traumatisme infligé à ces enfants, parfois déjà marqués par une histoire difficile dans leur pays d’origine, est injustifiable. Aucun objectif politique ne peut expliquer que l’on place ainsi des
mineurs derrière des barreaux.

Le désespoir créé par les conditions collectives de l’enfermement et par l’addition des drames individuels entraîne une multiplication des actes graves en centres de rétention. Automutilations,
tentatives de suicides, incendies, révoltes sont quasi quotidiens.
Une personne s’est suicidée au CRA de Bordeaux en juin 2007, deux retenus ont tenté de s’immoler par le feu à Lyon, ainsi qu’au Mesnil-Amelot où a également été lancé, au mois de
décembre, un mouvement de revendications qui a tranché par sa longévité et son ampleur. Cette contestation s’est ensuite propagée au CRA de Vincennes, ce centre de 280 places qui
symbolise l’industrialisation de la rétention et de l’expulsion des sans-papiers. À Vincennes, dans la nuit du 11 au 12 février 2008, une soixantaine de policiers sont intervenus pour obliger
des personnes retenues à regagner leurs chambres. Cette intervention plus que musclée - la préfecture de police de Paris a par la suite confirmé qu’un policier avait fait usage du Taser - a
entraîné l’hospitalisation de deux personnes et fait l’objet d’une double enquête de l’Inspection générale des services (IGS).
Dans la nuit du 12 au 13 février, une dizaine de cars de CRS étaient placés, à l’extérieur du centre, à titre préventif. Le 6 avril, au lendemain de la mort de Baba Traoré, alors qu’il y avait des manifestants autour du centre suite à la manifestation organisée la veille sur le thème “la Xénophobie d’État tue”, les retenus se sont mobilisés. Il y a eu des altercations avec la police du CRA puis tout est redevenu calme après le placement en isolement d’un retenu. Le lendemain, à 5 heures du matin, alors qu’un retenu malien allait être escorté jusqu’à l’aéroport, les retenus
du site 1 ont été nombreux à se lever et sont sortis dans la cour. Ils ont brûlé des matelas, des couvertures et des draps pour exprimer leur colère. La police urbaine de proximité et de la
circulation publique est une nouvelle venue fois en renforts auprès des fonctionnaires du CRA. Quatre personnes retenues ont été molestées et ont décidé de porter plainte. Plus de 20 plaintes ont été déposées par des personnes retenues à Vincennes depuis le mois de décembre 2007" (pp. 3-4)

Seule bonne nouvelle, la CIMADE rapporte "la fermeture après 22 ans de fonctionnement du centre de Rivesaltes. Les derniers retenus placés dans ce centre quittent les lieux le 17 décembre. Se termine ainsi l’enfermement de personnes sur le terrain du camp militaire Joffre de Rivesaltes, qui avait débuté en 1940 par l’internement des Républicains espagnols, de juifs étrangers et de Tsiganes.
Le transfert du CRA de Rivesaltes à Perpignan s’explique avant tout par les pressions exercées par l’équipe du projet du Mémorial du Camp de Rivesaltes (Conseil général des PO) qui a revendiqué, en vue de la construction du mémorial, la fermeture du CRA sur le terrain militaire de Rivesaltes." (p. 185)