22.7.08

Ordures ordinaires

Samedi 19 juillet, non loin de Naples, trois soeurs, Cristina (16 ans), Violetta (14 ans) et Diana (9 ans) se rendent à la plage avec leur cousine Manuela (16 ans).

Elles sont là pour vendre des bibelots. Il fait très chaud alors, même si elles ne savent pas vraiment nager, elles décident de se baigner.

Ce jour là, la mer est agitée. Cristina et Violetta s'aventurent plus loin que les deux autres et disparaissent sous une vague.
Manuela et Diana partent immédiatement chercher des secours. Lorsqu'elles reviennent avec de l'aide, la mer a ramené sur la plage les corps sans vie de Cristina et Violetta.

C'est bien triste ces deux enfants mortes noyées.
Il faut néanmoins savoir ce qui s'est passé ensuite.

La police emmène les deux rescapées pour trouver leur famille tandis que quelqu'un pose des serviettes sur les deux petits cadavres.

Et là... des gens s'allongent dans la plus totale indifférence à quelques mètres des corps.
Bain de soleil barbare. Détente absurde. DURANT 3 HEURES.


On a beaucoup parlé des ordures qui s'accumulent dans les rues de Naples. On ferait mieux de parler des ordures qui se prélassent à côté des cadavres d'enfants.

Cristina et Violetta étaient des Roms.
Selon un récent sondage, 2/3 des italiens souhaitent l'expulsion de tous les Roms, même de ceux disposant d'un passeport italien.

Le Maire de Monte di Procida, le bourg le plus proche de la plage, a justifié le comportement des salauds. Vous comprenez, ils se seraient comportés ainsi même si les jeunes filles n'avaient pas été des Roms.
Monsieur le Maire n'a rien compris. Ce qui est abject, c'est l'indifférence face à ces corps encore chauds. Quelle que soit l'origine de ces corps.

S. Berlusconi et R. Marroni (Ministre de l'Intérieur, membre de la Ligue du Nord) avaient promis de ficher tous les Roms. Comme d'habitude il s'agit officiellement de protéger les plus faibles, les mineurs.

Dans les faits, l'administration italienne constitue un fichier selon la "race". Elle prend les empreintes des seuls Roms. Le Parlement européen a qualifié cette mesure de "raciste". Près de Naples, elle est mise en œuvre depuis le 19 juin. Un mois avant la mort des deux enfants.

26.5.08

offre "raisonnable" d'emploi ?

Extrait d'un entretien avec Jacques Freyssinet, président du conseil scientifique du Centre d'étude de l'emploi (le Monde 27/05/08):

Ne doit-on pas inciter les chômeurs à se porter sur les offres d'emploi non pourvues ?

Ces offres d'emploi non pourvues sont de deux ordres. Il y a d'abord des emplois requérant des qualifications spécifiques. Ce n'est pas en sanctionnant les chômeurs que ces offres seront pourvues : il s'agit d'un problème de formation, d'autant que ceux qui restent un certain temps sans emploi sont ceux qui sont le plus en difficulté.

Le deuxième gros volume d'offres vacantes concerne les "bad jobs", comme disent les Anglais, les emplois précaires, mal payés, avec des conditions de travail difficiles. Dans la mesure où le projet isole la sanction de toute mesure positive d'aide au retour à l'emploi, il ne reste que la menace. Si on exerce une pression financière sur les chômeurs, ils seront obligés d'accepter ces emplois espère-t-on. Il s'agit bien du but du gouvernement, qui ne peut être affiché comme tel.

24.4.08

Les mensonges de Brice Hortefeux

Echaudé par l'importante grève des travailleurs sans-papiers et par le soutien dont elle bénéficie, Brice Hortefeux s'évertue, dans une tribune publiée par Le Monde, à présenter la chasse à l'homme comme une "politique juste et efficace".

* "Lorsque 1 800 immigrés clandestins sont morts en 2007 aux portes de l'Europe sur des barques de fortune, victimes de réseaux et de passeurs, faudrait-il rester les bras ballants ? Lorsque des immigrés légaux font l'effort de respecter nos lois et de suivre le parcours d'intégration, faudrait-il n'en tenir aucun compte et ne pas faire de différence avec ceux qui rentrent en France illégalement et y séjournent sans y être autorisés ?
Lorsque les gouvernements des pays d'émigration eux-mêmes nous demandent de ne pas piller leurs forces vives, faudrait-il refuser de les écouter et de gérer les flux migratoires avec eux de manière concertée ? "
Cette succession de fausses questions est un procédé rhétorique dont le candidat Sarkozy a usé tout au long de sa campagne. Fausses questions parce que le Ministre n'attend aucune réponse. Et pour cause: la seule réponse rationnelle consisterait à rappeler que sa politique ne vise aucunement à épargner des noyades, rappeler que les immigrés illégaux font "l'effort de respecter" les lois et de payer des impôts mais que le Ministre refuse de leur donner des papiers, rappeler qu'il n'existe pas de "parcours d'intégration", rappeler que ce sont Hortefeux et Sarkozy qui pillent les pays du Sud en choisissant les migrants les plus diplômés.

* Pour Brice Hortefeux, la seule alternative aux Centres de Rétention Administrative (CRA) "serait la prison", or "la personne retenue, qui séjourne en moyenne douze jours en CRA, bénéficie de conditions de vie beaucoup plus libérales que celles d'un détenu : droit de visite étendu, possibilité de téléphoner à l'extérieur, absence d'enfermement en cellule…".

Non, on ne "séjourne" pas dans un CRA: on y est enfermé. A ce premier mensonge, le Ministre ajoute deux omissions. D'abord, la comparaison avec la prison veut faire oublier que le seul délit de ceux que l'on enferme dans un CRA, et qui sont parfois de jeunes enfants, c'est de ne pas avoir de papiers. Ce ne sont ni des délinquants ni des criminels. Ensuite, la moyenne de "douze jours" signifie que certains y sont détenus plus longtemps. Or c'est Sarkozy qui, en 2003, a fait passer la durée maximale de détention de 12 à 32 jours. Le Parlement Européen veut la porter à... 18 mois.

Le plus grave mensonge du Ministre consiste toutefois à faire passer les CRA pour un lieu où les "conditions de vie" sont relativement acceptables, alors même qu'elles sont inhumaines et dégradantes. Risque-t-on sa vie en faisant une grève de la faim ou en avalant des lames de rasoir dans un lieu où les droits sont respectés?
Par exemple, le 11 février, au CRA de Vincennes, des policiers de la BAC ont utilisé des pistolets électriques (Taser) pour mater des détenus qui protestaient. Cinq d'entre eux ont été placés en garde à vue pendant quelques heures par l'Inspection générale des services (IGS), jeudi 17 avril, après qu'une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris. Car les affaires de ce genre se multiplient.
Par exemple, le 6 avril, au moment même où, à Joinville-le-Pont, se rendait l'hommage à Monsieur Traoré, mort en tentant d'échapper à la police, soixante détenus en grève de la faim subissaient, à quelques mètres de là au CRA de Vincennes, une répression incroyablement brutale. Sortis de force de leurs chambres, pour être conduits au réfectoire, ils ont protesté et les policiers les ont copieusement matraqués. Une personne qui se trouvait encore par terre –
apparemment victime d'une crise cardiaque – a été transportée à l'hôpital. Trois ont été envoyées à l'infirmerie. L'un aurait le bras cassé. Nombreux ont des bleus, y compris des cocards aux yeux. Etc.
Hortefeux a beau jeu de rappeler que "les premiers (CRA) ont été ouverts en 1984, lorsque les socialistes et les communistes étaient au pouvoir". C'est vrai. Est-ce une raison pour les accepter? Pour taire ce qui s'y passe?

VIDEO 32 JOURS EN CENTRE DE RÉTENTION


Lire le rapport 2007 de la CIMADE, seule association autorisée à pénétrer dans les CRA
Extrait: "La pression installée par les objectifs chiffrés d’expulsion conduit les services de police à procéder à de plus en plus d’interpellations avec des méthodes souvent contestables.
Interpellations à domicile, rafles, contrôles d’identité justifiés par des prétextes dérisoires (traversée en dehors des clous, crachat sur la voie publique, etc.) masquant mal la réalité de contrôle “au faciès”. La chute du jeune Ivan à Amiens à l’été 2007 qui tentait d’échapper à une interpellation à domicile, la défenestration puis le décès de Chulan Zhang Liu, ressortissante chinoise, à Belleville le 21 septembre 2007, le suicide par pendaison le 15
février 2008 de John Maina, un Kenyan de 20 ans, après avoir appris le rejet de sa demande d’asile, comme la mort le 4 avril 2008 de Baba Traoré, âgé de 29 ans qui, poursuivi par la
police, s’est jeté dans la Marne à Joinville-le-Pont, montrent à quels drames conduit l’instauration d’un tel climat de peur. Les services administratifs confrontés à une obligation de résultat appliquent la loi d’une manière de plus en plus mécanique et sous un angle plus répressif ne leur permettant souvent plus de mesurer la réalité des situations humaines derrière les dossiers.

Trois nouveaux centres de rétention sont entrés en fonction en 2007 à Nîmes, Rennes et Metz. Malgré des améliorations sur le plan des conditions matérielles qui en viendraient presque à
banaliser l’enfermement, ces centres sont de plus en plus grands, d’aspect toujours plus carcéral avec la multiplication des caméras de surveillance des portes automatiques réduisant au minimum le contact humain. Nous y rencontrons de plus en plus d’étrangers
pour qui la privation de liberté et la perspective d’une expulsion sont inacceptables et insupportables. Conjoints de français, malades, vieillards, futurs parents d’enfants français, mineurs, demandeurs d’asile craignant pour leur vie, touristes, résidents réguliers dans un autre pays européen, jeunes majeurs, doubles peines… L’inventaire en est impossible mais chacune de ces histoires mériterait d’être racontée.

Au mois d’octobre 2007, le placement en rétention d’un nourrisson de 3 semaines au centre de rétention de Rennes est venu illustrer à nouveau l’inhumanité de l’enfermement des familles et
des mineurs. A cette occasion la cour d’appel de Rennes a pour la première fois affirmée et reconnue qu’une telle décision constituait un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des libertés fondamentales et des droits de l’Homme. Cette décision de justicen’a pourtant pas mis fin à cette pratique. En 2007, 242 enfants de tous âges sont passés derrière les grilles et les barbelés des centres de rétention français. Nous ne pouvons une nouvelle fois que dénoncer la violence qui est ainsi faite à ces enfants et à leur famille interpellés le plus souvent chez eux au petit matin avant d’être conduits au côté de leurs parents menottés et enfermés dans les CRA désormais “habilités à les recevoir”. Le traumatisme infligé à ces enfants, parfois déjà marqués par une histoire difficile dans leur pays d’origine, est injustifiable. Aucun objectif politique ne peut expliquer que l’on place ainsi des
mineurs derrière des barreaux.

Le désespoir créé par les conditions collectives de l’enfermement et par l’addition des drames individuels entraîne une multiplication des actes graves en centres de rétention. Automutilations,
tentatives de suicides, incendies, révoltes sont quasi quotidiens.
Une personne s’est suicidée au CRA de Bordeaux en juin 2007, deux retenus ont tenté de s’immoler par le feu à Lyon, ainsi qu’au Mesnil-Amelot où a également été lancé, au mois de
décembre, un mouvement de revendications qui a tranché par sa longévité et son ampleur. Cette contestation s’est ensuite propagée au CRA de Vincennes, ce centre de 280 places qui
symbolise l’industrialisation de la rétention et de l’expulsion des sans-papiers. À Vincennes, dans la nuit du 11 au 12 février 2008, une soixantaine de policiers sont intervenus pour obliger
des personnes retenues à regagner leurs chambres. Cette intervention plus que musclée - la préfecture de police de Paris a par la suite confirmé qu’un policier avait fait usage du Taser - a
entraîné l’hospitalisation de deux personnes et fait l’objet d’une double enquête de l’Inspection générale des services (IGS).
Dans la nuit du 12 au 13 février, une dizaine de cars de CRS étaient placés, à l’extérieur du centre, à titre préventif. Le 6 avril, au lendemain de la mort de Baba Traoré, alors qu’il y avait des manifestants autour du centre suite à la manifestation organisée la veille sur le thème “la Xénophobie d’État tue”, les retenus se sont mobilisés. Il y a eu des altercations avec la police du CRA puis tout est redevenu calme après le placement en isolement d’un retenu. Le lendemain, à 5 heures du matin, alors qu’un retenu malien allait être escorté jusqu’à l’aéroport, les retenus
du site 1 ont été nombreux à se lever et sont sortis dans la cour. Ils ont brûlé des matelas, des couvertures et des draps pour exprimer leur colère. La police urbaine de proximité et de la
circulation publique est une nouvelle venue fois en renforts auprès des fonctionnaires du CRA. Quatre personnes retenues ont été molestées et ont décidé de porter plainte. Plus de 20 plaintes ont été déposées par des personnes retenues à Vincennes depuis le mois de décembre 2007" (pp. 3-4)

Seule bonne nouvelle, la CIMADE rapporte "la fermeture après 22 ans de fonctionnement du centre de Rivesaltes. Les derniers retenus placés dans ce centre quittent les lieux le 17 décembre. Se termine ainsi l’enfermement de personnes sur le terrain du camp militaire Joffre de Rivesaltes, qui avait débuté en 1940 par l’internement des Républicains espagnols, de juifs étrangers et de Tsiganes.
Le transfert du CRA de Rivesaltes à Perpignan s’explique avant tout par les pressions exercées par l’équipe du projet du Mémorial du Camp de Rivesaltes (Conseil général des PO) qui a revendiqué, en vue de la construction du mémorial, la fermeture du CRA sur le terrain militaire de Rivesaltes." (p. 185)

7.4.08

Que se passe-t-il en Irak?

Dur d'y voir clair. Enfin un bon article du Monde sur le sujet...


L'Iran et Moqtada Al-Sadr renforcés après l'offensive militaire ratée du gouvernement irakien
LE MONDE | 02.04.08 | 13h44 • Mis à jour le 02.04.08 | 13h44

'il subsistait le moindre doute quant à l'influence majeure désormais exercée par l'Iran dans les affaires de son voisin irakien, le cessez-le-feu conclu, dimanche 30 mars, entre le chef radical chiite Moqtada Al-Sadr et trois missi dominici représentant le premier ministre Nouri Al-Maliki, également chiite, devrait l'avoir définitivement levé. Car c'est à Qom, le quartier général du pouvoir religieux iranien, que les négociations ont eu lieu. Et c'est, selon une bonne source, sous la houlette d'un militaire iranien, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit du général Qassem Suleimani, chef des brigades Al-Qods du corps des pasdarans, que ce cessez-le-feu a finalement été conclu. Incidemment, au moins deux des trois envoyés spéciaux de M. Maliki, à savoir Hadi Al- Amari et Ali Adib, sont titulaires de la double nationalité irako-iranienne et ils ont, l'un et l'autre, vécu des années en exil à Téhéran. M. Adib est membre du même parti religieux que le premier ministre (Daawa), et M. Amari est le chef d'une puissante milice alliée, l'organisation Badr, qui domine l'encadrement de la nouvelle armée nationale irakienne et qui fut créée, financée et entraînée en Iran à partir de 1980.

INCITATION AMÉRICAINE

Tout au long de la semaine d'affrontements armés qu'ils ont approuvés, auxquels ils ont prêté la main, et qui a fait au moins 470 tués et des milliers de blessés, les Américains n'ont cessé d'encourager Téhéran "à mettre son influence au service de la stabilisation" de la situation.

C'est fait. Washington et Téhéran peuvent s'accuser mutuellement des pires méfaits en Irak, nombreux sont les esprits politiques de ce pays à penser que les deux puissances sont au moins d'accord sur la nécessité de ne pas laisser s'installer, aujourd'hui, un chaos général.

Engagés au nord dans une offensive contre les rebelles sunnites d'Al-Qaida, les Américains qui n'ont pas de présence militaire permanente à Bassora ont, semble-t-il, cru M. Maliki sur parole lorsque celui-ci leur a affirmé que son offensive serait quasiment une promenade de santé. Comme certains des généraux irakiens eux-mêmes qui l'ont confié, ils ont été "surpris" par la combativité de l'Armée du Mahdi, la milice du courant sadriste et par sa capacité à mobiliser des partisans dans toutes les grandes villes du sud chiite et jusqu'à Bagdad.

M. Maliki n'a atteint aucun des objectifs qu'il s'était fixés. Les "18 milices" recensées à Bassora par le chercheur franco-irakien Hosham Dawod sont toujours en place et aux commandes de leurs juteux trafics.

Aucun des quartiers de Bassora ou d'ailleurs qui étaient sous la domination de l'Armée du Mahdi n'a été repris. Des centaines de policiers et de soldats à travers le pays ont refusé d'ouvrir le feu sur les miliciens et, parfois, les ont rejoints. Pour leur première grosse opération sous commandement national, et malgré 30 000 hommes sur place, la nouvelle armée et la police irakiennes formées par les Américains ont dû appeler les alliés anglo-saxons à la rescousse pour avancer ou se sortir de mauvais pas.

Théoriquement valide jusqu'au 8 avril, l'offre du premier ministre de "racheter" les armes lourdes des combattants au prix fort n'a pratiquement rien donné.

M. Maliki, qui s'était imprudemment juré de rester à Bassora "jusqu'à la victoire", a dû se résoudre à rentrer à Bagdad avec une crédibilité politique plus mince encore qu'avant l'offensive. Le fait qu'il ait qualifié, mardi, l'opération de "succès" et qu'il se soit abstenu d'en sonner la fin ne change rien à l'affaire. Il y aura sans doute d'autres affrontements interchiites avant les élections régionales du 1er octobre. En attendant, "c'est une grande victoire de l'Iran", se désole Mahmoud Othman, un élu kurde proche de la présidence de la République et toujours très bien renseigné. "Téhéran a montré que c'est lui et non Washington qui a la haute main sur nos affaires, analyse-t-il. L'objectif de l'Iran est de rendre Maliki aussi faible que possible pour qu'il soit obligé d'accepter ses visées. De fait, il a été obligé de courir à Qom pour négocier."

Le président Bush qui avait encouragé l'initiative de son allié et jugé qu'il s'agissait en l'occurrence d'un "test historique pour l'Irak libre" doit se mordre les doigts.

Patrice Claude


... Dernière minute. Réponse du gouvernement irakien à cet échec: le mouvement du leader radical chiite Moqtada Al-Sadr ne pourra plus participer au processus politique en Irak s'il ne démantèle pas immédiatement sa milice, a averti, lundi 7 avril, le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki. "Une décision a été prise [pour] qu'ils n'aient plus le droit de participer à la vie politique ou d'être candidats aux élections à venir s'ils ne démantèlent pas l'Armée du Mahdi", a déclaré Nouri Al-Maliki dans un entretien accordé à CNN. "Beaucoup ont espéré une victoire décisive des forces de sécurité irakiennes [à Sadr City], mais cela n'a pas eu lieu", a admis le premier ministre. "Aujourd'hui encore, les forces irakiennes sont entrées dans Sadr City et poursuivent les miliciens criminels en fuite", a ajouté M. Al-Maliki. Mais "s'opposer aux milices demande plus d'efforts ; notre préparation n'est pas encore à son meilleur niveau", a-t-il concédé.

22.3.08

Halte à l'impérialisme français


Selon le Times, le Président Sarkozy, qui se rendra à Londres mercredi pour une visite d'Etat, devrait annoncer au Premier Ministre britannique Gordon Brown que la France est prête à envoyer 1 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Cette annonce ne devrait être officialisée que lors du sommet de l'OTAN, qui aura lieu du 2 au 4 avril à Bucarest.
Quant au Ministre Kouchner, il s'interroge seulement sur le lieu exact de déploiement de ces renforts: "Le choix n'est pas encore opéré entre l'est et Kandahar" a-t-il affirmé lors d'une réunion avec ses homologues de l'OTAN.

28.2.08

Rama Yade approuve l'usage du Malodore

Mardi 26/02. Meeting du maire UMP sortant d’Argenteuil Georges Mothron.

Répondant à une question de VOtv la télévision du Val-d’Oise sur l’utilisation l’été dernier du malodore pour éloigner les SDF du centre-ville,
Rama Yade a déclaré : « Il faut tout tenter dans une ville ».
Voir la vidéo: http://www.vonews.fr/article_2676


Rama Yade est "secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme"

Rama Yade est candidate de l'UMP

Le malodore est un produit toxique et nauséabond (...comme l'UMP)


22.2.08

UMP: la droite religieuse, nationaliste et réactionnaire

- Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy a déclaré dans un entretien publié mercredi 20 février par VSD que "les sectes sont un non-problème" en France et qu'il fallait "s'interroger" sur le fait que la scientologie soit classée comme secte. Elle remettait aussi en cause la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

- Que pense Michèle Alliot-Marie (Ministre de la Défense) de la médiatisation de l'opération menée par un millier de policier à Villers-le-bel? Selon Le Monde, elle a déclaré: "rendez-vous compte, le jour où on lance des commandos contre les talibans, si on prévient la presse internationale..."
Cette rhétorique reliant l'ennemi intérieur et l'ennemi extérieur est un grand classique du nationalisme (il y a sur ce sujet d'excellents passages dans l'ouvrage de Gérard Noiriel intitulé A quoi sert "l'identité nationale"?).

- Peut-on condamner quelqu'un non pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il pourrait faire? George Fenech, rapporteur UMP du projet de loi Dati sur la rétention de sûreté, a fait valoir que ce n'est pas nouveau: "la mesure de 'détention de sûreté' a été introduite dans le code pénal allemand en 1933".
Comme le souligne le Canard Enchaîné, ce propos est exact mais incomplet: cette mesure a été introduite en 1933 par... Adolf Hitler.
Le Conseil Constitutionel, véritable chambre d'enregistrement, vient de valider l'essentiel du projet de loi (comme il avait validé le CNE et le CPE, pourtant incompatibles avec les conventions internationales).

4.2.08

La phrase du jour

Dans la série "il a osé", Nicolas Sarkozy a clôt son discours à l'usine de Gandrange, où 595 salariés sont menacés de licenciement, par cette phrase:

"Je dois dire que Gandrange, comme voyage de noces, y a pas mieux"

25.12.07

Oscar Peterson (2)

Au début de l'été, je publiais sur ce blog un message sur un grand musicien, Oscar Peterson.

Il devait y avoir une suite, mais je suis rapidement retourné à l'objet principal de ce blog: l'actualité sociale et politique.

Oscar Peterson est mort dimanche à l'âge de 83 ans.


Parmi les très nombreux albums d'Oscar Peterson, je vous conseille "We get requests" (Verve, 1964). Il joue en trio avec Ray Brown (contrebasse) et Ed Thigpen (batterie).
Voici ce qu'écrit Jacques Réda au sujet de cette formation: "c'est avec ces deux partenaires que le pianiste a donné les plus convaincants exemples de ces ressources dans le dosage des contrastes, la rigueur de la construction ; dans les plus délicates nuances de la mélodie, de l'harmonie et du rythme au swing constamment profond et spontané"
("Oscar Peterson, le dernier pianiste", in L'improviste, p. 356)

21.12.07

Horace Silver "Senor Blues" 1959

Ci-dessus: extrait d'un superbe concert de Horace Silver en Europe. Quelques années après avoir co-fondé les Jazz-Messengers avec Art Blakey (1953). Mais quelques années avant l'enregistrement de l'album Song for my Father (1963-1964, écoutez donc "Que Pasa"...)

20.12.07

Suggestion de journaliste

Aujourd'hui on peut lire dans Le Monde un entretien du Ministre de la Défense, Hervé Morin (ex-UDF rallié à Sarkozy: on ne dit pas "vil larbin" mais "Nouveau Centre").

Une question du journaliste (Laurent Zecchini) relative à l'Afghanistan mérite vraiment d'être citée comme modèle du genre dans les "écoles" de journalisme:
"Les troupes françaises sont cantonnées à Kaboul, une région plutôt sûre comparée au sud du pays. N'est-il pas temps pour la France de faire un effort supplémentaire en envoyant des troupes dans le Sud ?"

Morin répond par la négative. Mais il aurait répondu de même aux questions ci-dessous (que le sage Zecchini se garde bien de poser):

- N'est-il pas temps pour les 2000 militaires français de rentrer chez eux?
- N'est-il pas temps pour les avions de chasse français de quitter Kandahar pour aller faire des loopings au Bourget?
- N'est-il pas temps de quitter cette terre occupée depuis l'automne 2001?
(à droite: oui vous l'aviez deviné, il s'agit de Zecchini)

15.12.07

Un "problème de ligne éditoriale"

1/ Le Monde Diplomatique affiche 500 000 euros de pertes, change de direction, et pourrait être vendu.

Selon Pierre Jeantet, président du groupe Le Monde, Le Monde diplomatique "a pour vocation d'être pluraliste envers l'ensemble des gauches".
Belle formule. Je suis très loin d'être fan de I. Ramonet (président du directoire) et B. Cassen (directeur général). Mais si le "pluralisme" c'est la soumission au social-libéralisme...

C'est bien ce que veut dire Jeantet: "l'altermondialisme a fait 0,5% aux dernières élections. Le Monde diplomatique a un problème de ligne éditoriale. Il n'a pas fait sa mutation."
On trouve certainement des lecteurs du Monde diplomatique parmi les électeurs du PCF (1.93%), de la LCR (4.08%), des Verts (1.57%), de Bové (1.32%)... Mais le problème n'est pas là: les difficultés financières que traverse Le Monde Diplomatique reflètent celles de tout le secteur de la presse. Et risquent d'être utilisées pour remettre en cause l'existence d'un média de gauche qui n'est pas aligné sur le social-libéralisme. Existence intolérable à l'heure des "mutations"...

2/ De son côté, Edwy Plenel nous annonce la création d'un nouveau média impertinent et "indépendant" : MediaPart. A retenir: Benoît Thieulin, co-fondateur de MediaPart, fut l'artisan de la campagne web de Ségolène Royal... Un gage de pluralisme "envers l'ensemble des gauches"?

3.12.07

Qui parle?


A ma connaissance, la manipulation des médias français n'avait jamais atteint un tel niveau, même pendant la campagne du référundum sur le traité constitutionnel européen.

Durant la campagne du référundum sur la nouvelle constitution vénézuellienne, les mensonges ont succédé aux mensonges.

Encore aujourd'hui, alors que le "non" l'a emporté, on peut lire des articles suggérant que le Vénézuela est une dictature. Etrange dictature, bien plus démocratique que la France à vrai dire... Etrange "coup d'Etat" que celui qui consiste à se soumettre au résultat des urnes...

* Je lis sur le site du Monde que la réforme proposée par Hugo Chavez "devait lui permettre de se présenter indéfiniment à la présidentielle et lui conférer le droit de censurer la presse en situation de crise"
"Exactement comme en France" aurait-on pu ajouter... (relire la Constitution de 1958!)

* Je lis ensuite que "cet ex-officier putschiste, dont le régime entretient des relations exécrables avec les Etats-Unis, entendait également établir une économie collectiviste". Deux remarques:

1/ "ex-officier putschiste" est devenu - depuis environ 6 mois - l'expression favorite des médias pour désigner le Président Vénézuelien. Il existe une variante: "ex-colonel putschiste" (j'attends que George Bush soit systématiquement qualifié d'"ex-ivrogne-qui-a-vu-la-Vierge"...)
Comme tous les médias reprennent en coeur ces expressions diffusées par toutes les agences de presse (Reuters, AFP etc.), on est en droit de se demander d'où provient cet étrange engouement simultané. Je ne peux m'abstenir de penser à toutes les officines de la CIA, comme par exemple la National Endowment for Democracy et des "fondations" dérivées. L'accès à toute la documentation nécessaire se trouve ici.
Lire aussi: Le Monde encense un journaliste de RCTV employé par les Etats-Unis

2/ Ce que Le Monde appelle "une économie collectiviste", c'est une économie dans laquelle le rôle économique de l'Etat n'est plus d'encourager l'initiative privée (Constitution de 1999) mais de développer "diverses formes d’entreprises et unités économiques de propriété sociale, aussi bien directe ou communale qu’indirecte et étatique, comme les entreprises et unités économiques de production ou distribution sociale, celles-ci peuvent être de propriété mixte entre l’Etat, le secteur privé et le pouvoir communal, en créant les meilleures conditions pour la construction collective et coopérative d’une Economie Socialiste".
L’article 115 de la constitution de 1999 garantissait la propriété privée. Dans le nouveau projet, il garantit "les différentes formes de propriété". L'objectif ? Un modèle économique "intermédiaire", "fondé sur les valeurs humaines de la coopération et la prépondérance des intérêts communs sur les intérêts individuels, [un modèle qui garantisse] la satisfaction des nécessités sociales et matérielles du peuple, la plus grande somme de stabilité politique sociale et la plus grande somme de bonheur possible" (article 112).
L'article 90 réduit la journée de travail à 6h par jour.
L'article 87 stipule la création d'une Sécurité Sociale pour tous les travailleurs (y compris les "indépendants", c'est-à-dire ceux de l'économie informelle, jusqu'ici exclus).
L'article 318 soumet la banque centrale au pouvoir exécutif.

* Je lis (toujours dans Le Monde): "Pour l'instant, nous n'avons pas gagné", a-t-il lancé, en allusion à la formule célèbre qu'il avait prononcée après l'échec du premier coup d'Etat qu'il avait tenté le 4 février 1992".
Pourquoi parler de "premier" coup d'Etat alors que Chavez n'en a tenté qu'un seul ?
Pourquoi ne pas préciser que ce coup d'Etat visait à renverser le gouvernement de Carlos Andres Perez?
Pourquoi ne pas préciser que ce gouvernement avait massacré l'insurrection populaire du 27 février 1989 en tuant des milliers de manifestants?
Pourquoi ne pas préciser que Chavez est allé en prison pour ce coup raté, mais qu'il est ainsi devenu un symbole d'espoir pour la très grande majorité?
Pourquoi ne pas préciser qu'il y a bien eu une seconde tentative de coup d'Etat, contre Chavez cette fois-ci, en avril 2002 ? Que ce coup d'Etat a porté Pedro Carmona, le patron des patrons, a la tête de l'Etat... avant d'en être délogé par les manifestants et l'armée. Que ce coup d'Etat a été fomenté par la CIA avec l'aide de quelques généraux vénézueliens et de RCTV ? Que l'on dispose de toutes les preuves? etc.

30.11.07

Le vent qui tourne...

Après l'OPA sur Jean Jaurès et Guy Moquet, la droite réactionnaire voulait poursuivre son offensive visant à récupérer des symboles de gauche.

La mairie de Clermont-Ferrand est à gauche depuis la fin de la 2ne guerre mondiale. Un cas (presque) unique: seule la mairie de Limoges est dans la même situation.

Or, depuis des mois, Brice Hortefeux fait campagne à Clermont. Oui, Brice le lieutenant de Sarkozy. Brice le Ministre "de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement". Tout un symbole donc: le Brice prenant la Mairie de Clermont ce serait un peu comme John Wayne prenant le Kremlin.

Avec la prise du pouvoir, la prise de confiance.

Mais... vous savez quoi?

Finalement, Brice Hortefeux vient de renoncer. Terminator jette l'éponge. Il a beau expliquer que c'est en raison de son poste de Ministre, il doit y avoir autre chose... Parce que ces derniers mois, la perspective d'être à la fois maire et Ministre ne le gênait aucunement.

Leur politique aidant, Sarkozy et Fillon ont commencé à chuter dans les sondages. Il n'y a pas que les cheminots, les fonctionnaires et les étudiants à se mobiliser. On trouve des mécontents jusque dans les rangs des marins, des policiers et des hotesses de l'air. Ca vote plutôt à droite d'habitude... Alors est-ce que Brice commencerait pas à flipper un peu?

Il avait pourtant des "atouts" comme le rappelle Libération: son poste de Ministre des Collectivités Territoriales (sous Villepin) lui avait permis "de débloquer des subventions" dans le coin. Et puis il y a "le caveau de famille dans le département, son père conseiller municipal d'une petite commune, le grand-père maire après la Libération, l'aïeul fondateur d'une des entreprises concurrentes de Michelin". Sans oublier "son élection au conseil régional depuis 1992".

Mais voilà: cela ne semble pas suffire.
Alors très bon week-end!

20.11.07

réinventer l'anti-racisme

Il y a un mois et demi, je soulignais l'abjection du Monde qui appelait les immigrés à remercier les sénateurs de droite d'avoir voté une version amendée de la loi proposée par le Ministre de la Rafle et du Drapeau. Loi contenant bien d'autres mesures que celle des tests ADN.

Gérard Noiriel explique justement aujourd'hui, dans le "contre-journal" électronique de Libération, que le pouvoir a utilisé les tests ADN pour faire passer sans débat l'essentiel de sa réforme:

"Nous avons un train de retard. La stratégie des responsables de l'UMP intègre désormais nos protestations [...]
Les stratégies de pouvoir sont efficaces, en ce sens qu'elles imposent des problèmes d'actualité. Contester, c'est accepter le problème. J'ai fait une analyse de la campagne électorale de 2007, on voit parfaitement comment ce thème de l'identité nationale qui n'avait rien de neuf, a été repris, sans argument nouveau, par l'ensemble des grands partis politiques et par les médias comme quelque chose de fondamental. C'est de cette manière-là que Nicolas Sarkozy a récupéré les voix dont il avait besoin du côté du Front national pour gagner les élections. Aujourd'hui, le ministère de l'immigration et de l'identité nationale étant en place, il faut l'alimenter. On voit une stratégie qui vise à utiliser des mots qui font 'tilt' dans l'opinion. Ce n'est pas un hasard: ADN d'un côté, statistiques ethniques de l'autre. Et l'on est piégé, parce que d'un côté, on ne peut pas laisser passer ça, mais d'un autre côté, ces oppositions contribuent à en faire des thèmes considérés comme prioritaires pour la France [...]
Il faut mettre sur la table toutes ces questions. Y compris au niveau du vocabulaire. Parce que l'anti-racisme a tendance à tourner en rond [...]
Il faut réfléchir à la façon de reconstituer des fronts qui pourraient surprendre par rapport aux attentes du pouvoir. Des formes d'action inédites. Collectives."

Mais là, Noiriel botte en touche. Il rappelle sa démission (action courageuse, mais qui dont la forme n'est pas "inédite") et ajoute: "C'est la responsabilité des nouvelles générations de trouver ses solutions inédites"

19.11.07

Paroles

- Quelle est donc la parole de l'Etat après l'agression d'une institutrice de Grigny?
"La meilleure des préventions c'est la répression". (Gérard Moisselin, préfet de l'Essonne).

- Non, ce n'est pas un canular: dans le dernier numéro du "Point", Alain Duhamel tente de réhabiliter "Monsieur Thiers" (lire Fontenelle à ce sujet).

- A l'heure où la CFDT justifie son renoncement à la grève en affirmant "on gêne de plus en plus les usagers". A l'heure où les clubs réactionnaires financés par l'UMP (Stop la grève, UNI, Liberté Chérie) se répandent injures et contrevérités sur les grévistes, avec la complicité des médias, rappelons ces quelques mots de Jack London: "Judas Iscariote était un homme profondément digne en comparaison avec le briseur de grève. Car après avoir trahi son maître, il eut la force de caractère de se pendre. Le briseur de grève ne l'a pas".

15.11.07

26 comités locaux de Ni putes ni soumises ont démissioné "en bloc".


"La politique de ce gouvernement va à l'encontre de toutes les valeurs que Ni putes ni soumises a portées. Comment Fadela Amara a-t-elle pu laisser passer les tests ADN, les peines planchers ou la réforme de la justice des mineurs ? Quand je l'ai vue à la télé sourire derrière Christine Boutin, qui refusait toute réquisition de logement pour les familles de la rue de la Banque, je me suis dit : où sont passées ses convictions ?"

(Safia Lebdi, l'une des cofondatrices du mouvement)

Prolétaires de tous les pays...

Au moins 6 256 personnes ayant servi dans l'armée ont mis fin à leurs jours en 2005 rapporte la chaîne CBS dans une enquête diffusée le 14 novembre. Soit une moyenne de 120 suicides par semaine, 17 par jour...

L'enquête porte sur les 25 millions d'anciens militaires que comptent les Etats-Unis. 1,6 million d'entre-eux ont combattu en Afghanistan et en Irak. Le département des anciens combattants dépense 3 milliards de dollars par an pour des services spécialisés dans la santé mentale.

Une étude publiée la semaine dernière montre que les anciens combattants représentent un quart des sans-abri aux Etats-Unis, alors qu'ils ne représentent que 11 % de la population adulte. Selon l'étude, citée par le Times, au moins 1 500 anciens combattants des guerres d'Afghanistan et d'Irak auraient déjà été identifiés comme sans-abri. L'organisme chargé d'aider cette population (The National Alliance to End Homelessness) estime qu'en 2006 il y avait 195 827 vétérans sans-abri.

12.11.07

La manipulation "anti-grève"

Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement Supérieur, dénonce le caractère "politique et national" du mouvement de contestation dans les Universités. Les blocages sont "d'abord politiques" s'insurge-t-elle. Comme si la politique était sale. Mais que fait Valérie Pécresse, si ce n'est de la politique? Et que fait Nicolas Sarkozy, si ce n'est de la politique?

Depuis une semaine, les opérations manipulatoires contre les grèves sont lancées. Elles ont été soigneusement préparées par des conseillers en "com". Elles bénéficient de larges financements patronaux, de vastes relais médiatico-institutionnels et d'une élaboration très... politique. Voici 3 exemples (et une photo-souvenir!):

1/ C'est la Conférence des Présidents d'Université (CPU) qui a ouvert le bal. Pour son Président et porte-parole, Michel Lussaut: "l'appel à l'abrogation de la loi est un prétexte à une contestation contre le gouvernement. Il y a manifestement une orchestration pour qu'il y ait convergence des luttes… Les arguments avancés dans les assemblées générales relèvent le plus souvent du fantasme. A Tours, certains étudiants disent que grâce à cette loi, le président pourra recruter des contractuels et que le conseil d'administration va accueillir des patrons en son sein. Cela fait vingt ans que c'est le cas!".

Ce sont les arguments de Monsieur le Président de la Conférence des PDG d'Université qui "relèvent du fantasme". Cela fait 20 ans que la précarité des personnels croît dans tous les services publics, y compris à l'Université. Mais ce n'est pas une raison pour aquiescer, pour accepter! Encore moins pour accentuer ce phénomène. Or, cette loi va aggraver la précarité puisqu'elle légalise l'utilisation de CDD "pour occuper des fonctions techniques et administratives » et « pour assurer des fonctions d’enseignement et de recherche ». Cette loi va asservir l'Enseignement et la Recherche, puisqu'elle accorde un droit de veto aux Présidents pour les recrutements et les mutations de personnels (chapitre II, article 6). Cette loi va détériorer les conditions de travail puisqu'elle remet aux Présidents un contrôle concernant les services, les carrières et les choix scientifiques.

Bien sûr, cette intervention de la CPU n'a rien de politique. Elle n'a - bien sûr - rien à voir avec le fait que la Conférence des Présidents d'Université attend depuis longtemps cette nouvelle loi qui accorde des pouvoirs exorbitants... aux Présidents d'Université! La petite mise en scène de Michel Lussaut ne trompe personne.

2/ Après les Présidents d'Université, on entend beaucoup les anti-bloqueurs. "Les étudiants antiblocages sortent du silence" (Le Parisien). Mais, comme le remarque Sébastien Fontenelle:

Six mots, et, déjà, un mensonge, car dans la vraie vie, évidemment, les "antiblocages" (dont nul(le) ne sait au juste combien ils sont) ne sont pas du tout silencieux: les télés, qui n'aiment rien tant que lécher le fondement du gouvernement, se sont même fait une priorité absolue de leur tendre leurs puants micros. Ce minuscule détail n'empêche absolument pas Le Parisien de faire comme si une "majorité silencieuse" de "milliers d'étudiants mécontents d'être privés de cours" était aussi privée de tout moyen de communication.

Le Parisien a donc "donné" ce matin "la parole" à ces milliers de vrais-faux sans-voix.Pour ce faire, Le Parisien a rencontré, à Jussieu, "Aymeric et ses camarades" - soit, tout de même, six témoins.(Quand Le Parisien, affirme que des milliers d'étudiants sortent du silence, qu'est-ce que ça veut dire, par conséquent? Ca veut dire que six étudiants ont répondu aux questions d'un (courageux) envoyé spécial du Parisien...)

Le Parisien l'affirme: Aymeric et ses potes "sont des étudiants de 20 ans "absolument pas politisés"".Or, tu le sais, ami(e): quand un mec se pointe, et te balance crânement qu'il n'est pas (du tout) politisé, il s'agit, soit d'un pauvre neuneu égocentré, soit d'un admirateur (plus ou moins) caché du régime qui veut privatiser les facs.(Il peut aussi être l'un et l'autre.)

Là, par exemple? Le Parisien, je le répète, nous assure qu'Aymeric et ses copains ne sont absolument pas politisés. Penses-tu. Mais si tu regardes bien ce qu'ils disent, tu réalises qu'ils mettent leurs pas dans les pas de Valérie Pécresse (et des médias qui mentent), et caquètent, au mot près, que le gréviste moyen est une "caricature" de "gaucho".

D'ailleurs, Le Parisien finit par cracher le morceau - sans même réaliser, je le crains, que ces quelques mots trahissent un foutage de gueule de très gros niveau: "Les six amis comprennent d'autant moins les blocages prévus qu'ils n'ont rien contre la loi Pécresse".Et en effet, non seulement ils n'ont rien contre, mais ils seraient même plutôt pour, estimant que: "Si elle peut encourager les entreprises privées à investir chez nous (à Jussieu), c'est une bonne chose".

Voilà donc des gens qui parlent exactement comme le régime, qui disent tout haut ce que Valérie Pécresse (et le MEDEF) disent tout haut - mais Le Parisien, où l'on doit quand même nous prendre pour des gros(ses) débiles, nous promet qu'ils ne sont pas du tout politisés.Ca porte un nom: c'est de l'intoxication. Et bien évidemment, elle a une fonction: elle vise à entériner le discours officiel d'un régime qui a finalement compris que l'automne serait chaud pour sa gueule, et qui essaie, de toutes ses forces, de minimiser l'ampleur d'un mouvement social qui ne cesse de gagner en puissance.D'un régime qui met partout son idéologie dégueulasse, mais qui veut nous faire croire que l'enfer idéologique, c'est les autres, les grévistes.

3/ Les "syndicats" de droite. L’UNI est en train de se structurer, des affiches "anti-grèves" fleurissent aux abords des Universités. Une délégation de l’UNI-Lycée a été reçue par la Ministre - Mme Valérie Pécresse - mardi 23 Octobre 2007.
Comment est financée l’UNI ? On peut s'interroger. D'autant que l'on sait maintenant qu'il existe des caisses anti-grèves financées par le patronat. Comme celle de l’UIMM-Medef. A elle seule, cette caisse secrète se chiffre en millions d’euros. En liquide.
Cette fortune en liquide permet de "fluidifier les relations sociales". C'est Denis Gautier Sauvagnac qui le dit, et il est bien placé pour le savoir. La police (le Tracfin) a découvert cette caisse noire le 26 septembre. Une enquête est ouverte. Mais juste une enquête préliminaire : faudrait pas pousser, hein? Depuis 48 jours, la Ministre de la justice a “oublié” d’ouvrir une enquête... Elle n’a pas nommé de juge d’instruction... Madame Dati semble hésiter: est-ce que détourner quelques millions d'euros constitue un délit ?

Au fait, comme de nombreux membres de l'UMP, Sarkozy est un ancien de l’UNI... Voici sa photo (avec les cheveux longs) en 1976 en tête d’un cortège d’étudiants antigrévistes... Déjà ! Il s’apprête aujourd'hui à faire déferler une propagande contre les étudiants et les salariés (personnels d’Air France, cheminots, gaziers, fonctionnaires etc) pour soumettre les Universités à la concurrence et allonger la durée de cotisation de TOUS les salariés (41 ans, 42...) .

9.11.07

Gloire à Doudou Diène !

Mercredi 7 novembre. Pour illustrer son discours sur la "banalisation politique" du racisme, Doudou Diène a accusé Nicolas Sarkozy de s'être inscrit dans "une dynamique de légitimation du racisme".
M. Diène a également dénoncé "la criminalisation et le traitement exclusivement sécuritaire des questions relatives à l'immigration". "En France, le projet de loi introduisant les tests ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation de l'immigré", a-t-il ajouté.

Ces paroles n'ont pas été prononcées à la fin d'une manifestation, mais lors d'une session de la 3ème commission de l'Assemblée générale des Nations unies. Doudou Diène est le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie.

Bien sûr, le représentant de la France au sein de la troisième commission a répliqué en jugeant les accusations du rapporteur "infondées et irresponsables". Le président français "a réaffirmé dans ses discours et ses actes que la lutte contre le racisme faisait partie de ses priorités", a expliqué le diplomate, qui a assuré que les tests ADN ne seraient pratiqués que "sur une base volontaire".

Mais les critiques de Doudou Diène n'avaient rien "d'infondées".

"La criminalisation" des immigrés est bien un processus à l'oeuvre: rafles, fichage, sous les yeux d'une population trop souvent indifférente...

Le Président français - je veux dire "ses discours et ses actes" - s'inscrivent effectivement dans une dynamique de légitimation du racisme. Le discours de Dakar est raciste (voir ici et ). Ajoutons quelques meetings et quelques "lettres aux rapatriés" à caractère nationalistes et colonialiste. Pour les actes... il suffit de suivre l'actualité législative.

Aussi Doudou Diène a-t-il repris la parole: "Il était essentiel que le président français, Nicolas Sarkozy, sache que le discours de Dakar a causé une blessure profonde". "Dire devant des intellectuels africains qu'ils ne sont pas entrés dans l'histoire s'inspire des écrits racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles".
Merci M. Diène.